Le Clafoutis

de Pétronille

1 juillet, 2008

Amours de vacances

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 20:15

tablchocolat.jpg18h00, retour du centre aéré. Votre fille se jette dans vos bras et vous murmure à l’oreille « Maman, j’ai une bonne nouvelle » d’un ton réjoui.

Tout de suite, votre cerveau émet les plus folles suppositions : a-t-elle traversé la piscine toute seule à la nage ? appris une nouvelle danse ?  maîtrisé les sauts périlleux arrière ? réinventé la recette du canard à l’orange ?

Que nenni. La bonne nouvelle en question est d’une nature autrement plus capitale:

« J’ai un nouvel amoureux, c’est D. », explique-t-elle. Et on va se marier « pour de vrai » ! On a discuté, et il est d’accord.  Je lui ai dit qu’il devrait être plus gentil s’il veut que je sois amoureuse de lui, alors il a promis».

Vous apprenez ainsi que l’inconscient D. doit lui offrir une bague et un bouquet de fleurs, parce que ce sont les hommes qui doivent donner des cadeaux aux femmes (oui, vous l’avez bien éduquée).

Pendant ce temps, votre grand n’est pas en reste. De retour au bercail, le voilà qui se lance dans une série d’abdos. Ne s’est-il pas assez dépensé durant la journée ? « Si », vous répond Darwin en plein exercice et en nage « mais c’est pour avoir des plaques de chocolat sur le ventre, car les filles trouvent ça beau, les hommes musclés. »

Vous pensiez les avoir inscrits à un camp d’activités  de plein air, pas à un club de rencontres. Naïve que vous êtes.

29 juin, 2008

Spiritisme maison

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 8:30

ballons3.jpg« Tiens maman, j’ai fait un bricolage pour grandmi, on va le lui donner »

Vous êtes un brin perplexe et rappelez à votre puce que son arrière-grand-mère est décédée l’an dernier et qu’il va être difficile de lui faire parvenir quoi que ce soit… 

Mais rien n’entame la ténacité de Monette quand elle a une idée en tête. Pensive, elle s’enquiert :

« Grandmi, c’est un esprit maintenant… est-ce que les esprits sont plus légers que les nuages? »

De toute la hauteur de votre immense sagesse spirituelle et métaphysique, vous supposez vaguement que oui (vous trouvez la notion d’immatérialité un chouïa compliquée à expliquer à une enfant de cinq ans et passez outre allégrement).

« Alors on va acheter un ballon et attacher le bricolage à la ficelle, comme ça quand grandmi sera assise sur son nuage elle n’aura plus qu’à l’attraper au passage. J’ai écrit dessus que c’était pour elle pour qu’on ne puisse pas se tromper » décide Monette.

Vous voilà donc en quête d’une ballon gonflé à l’hélium et d’un jour de beau temps avec néanmoins deux ou trois nuages, car sans nuages où donc irait s’asseoir votre grand-mère pour attraper son cadeau ?  Il ne faudrait surtout pas que celui-ci aille se perdre dans l’infini de la voie lactée.

Lucide comme elle l’a toujours été, votre aïeule voit donc encore passer les ballons.

6 juin, 2008

Un avant-goût de troisième âge

Classé dans : Et en plus, elle râle,Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 20:11

manny2.jpgIl y avait les pré-adolescents, voilà maintenant les pré-sénescents. Hé oui, depuis que vous avez péniblement franchi la dizaine qui vous classe inexorablement dans la catégorie des dinosaures ou à la rigueur des mammouths laineux, vous devez admettre que l’écart entre les jeunes cerveaux bouillonnants de votre progéniture et vos pauvres neurones sur le déclin se fait terriblement sentir. Aujourd’hui, par exemple, tandis que votre matière grise hoquette et faillit à se rappeler les trois choses essentielles que vous devez absolument acheter avant de rentrer (ce qui fait que vous arrivez chez vous avec trois articles totalement différents et que les magasins sont fermés quand vous réalisez votre méprise), Darwin envisage le futur avec ambition :

- « Quand je serai grand, j’inventerai des machines qu’on posera sur tous les toits et qui absorberont la pollution. Et quand elles seront pleines, je regarderai dedans et j’inventerai comment dépolluer la pollution, et après on aura des machines qui transformeront toutes seules la pollution en air pur.  Après ça j’inventerai des voitures qui roulent à la pollution et qui rejettent de l’air pur.  (Pause). Sauf qu’après y’aura plus de pollution et que les voitures ne pourront plus fonctionner. »

Voui, le problème est complexe. Rien que l’ampleur de la tâche vous écrase de fatigue et vous rêvez d’un bon bain moussant (totalement non écologique certes, mais puisque votre fils s’apprête à sauver la planète, cela vous exonère sûrement de quelques hectolitres).

C’est alors que Monette s’en mêle. En matière de figure de proue écologique, votre puce qui adore patauger dans un évier rempli d’eau et de mousse (surtout de mousse) sous le prétexte de faire la vaisselle (vous figurez parmi les rares attardées qui ne possédez pas de lave-vaisselle), tout en expédiant allégrement d’un seul coup un demi-litre de produit – écologique, c’est déjà ça – dans les eaux usées, ne s’en laisse pas conter. Et perçoit immédiatement le créneau marketing qu’on peut tirer d’une telle invention.

- « Moi je décorerai les machines de Darwin, en rose, en bleu, en multicolore, avec des fleurs, des poissons, des papillons… comme ça ce sera joli, sur les toits, plein de couleurs. »

Ouf, vous allez pouvoir vieillir en paix. L’avenir de la planète et votre retraite sont assurés.

21 mai, 2008

Cervelle burger

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 20:08

mmepq.jpgQuestion du jour de Monette qui, comme vous croyez l’avoir déjà relevé, aime verbaliser ses interrogations existentielles devant un public choisi, soit, ce soir, la file d’attente du fast-food :

« Maman, Einstein, c’était qui exactement ? »

Vous expliquez qu’il s’agissait d’un physicien, un savant, qui essayait de découvrir comment fonctionnait le monde et la matière.

« Il était intelligent alors ? et il a inventé quoi ? »

Vous tentez tant bien que mal de mettre des mots simples sur quelque chose que vous-même ne maîtrisez pas très bien, ce qui a évidemment le don de rendre l’explication encore plus nébuleuse.

« Ouais », ajoute Darwin sarcastique, « et c’est aussi l’inventeur du string. »

Sur ce trait d’humour particulièrement fin, Monette se croit tenue d’expliquer très sérieusement au serveur du fastfood ahuri :

«  Tu sais, Einstein avait un cerveau si grand que parfois on en voyait un bout qui sortait par ses oreilles. »

Sous l’effet du choc, le pauvre homme s’est complètement trompé dans les commandes : non seulement vous vous êtes retrouvée avec deux fois plus de hamburgers que prévu mais il vous a encore offert desserts et cafés pour se faire pardonner.

La semaine prochaine, vous tentez Ducasse ou Marc Veyrat.

19 mai, 2008

Coeur en berne

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 22:23

diddl.bmp« Maman », soupire une Monette toute chagrine, « tu sais, il me manque trop ».

« Qui ça, ma puce ? »

« Tiago, le garçon de ma classe qui a déménagé ». Et d’enchaîner, rêveuse : « on jouait toujours au taureau à la récréation ».

Vous, pensive : « au, hum… taureau ??? »

« Oui, avec mon écharpe et ma veste. Moi j’étais le torero en habit à paillettes, et lui, il faisait le taureau. Et les copines, elles étaient assises sur le banc et elles applaudissaient ».

Vous concevez aisément qu’une corrida sans taureau, c’est beaucoup moins excitant. Néanmoins, toute peine de cœur finit par trouver un exutoire. Celui-ci se présente en l’occurrence sous la forme de papier à lettre Diddl rose, déniché dans un vide-grenier.

« Tiago, tu me manques » écrit donc Monette de sa plus belle plume, avant de glisser la missive dans une enveloppe assortie.

Et c’est ainsi que vous vous retrouvez à jouer les détectives et à téléphoner à toutes les mamans de la classe pour trouver le nom de famille du déserteur afin de remonter la filière jusqu’à sa nouvelle adresse. Tout en vous exécutant, vous prévenez l’amoureuse transie : dans dix ans, il faudra qu’elle se débrouille toute seule.

4 mai, 2008

Un mythe s’effondre

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 9:36

6143oldwomansmokingacigarette.jpgComme dirait Darwin, ce week-end « vous avez eu trop la honte »  (d’ailleurs est-ce normal qu’un enfant de 7 ans et demi raisonnablement éduqué s’exprime déjà comme un ado de banlieue-dortoir ?). La faute en incombe à Dame Monette observant les tables du café sur la place du village, et dont la petite voix flûtée laisse soudain transparaître cinq ans d’éducation aux bonnes manières : 

« Maman, y’a une vieille qui fume ! »

La vieille personne d’un certain âge en question tourne la tête vers vous d’un air courroucé. C’est vrai qu’outre souligner très élégamment son âge, le ton de Monette indique clairement un profond dégoût pour la cigarette (dégoût soigneusement inoculé par de subtiles allusions répétées de votre part et régulièrement alimenté par la crainte viscérale de Darwin d’attraper un cancer du poumon).

« Hum ma chérie » expliquez-vous sur un ton digne de la reine mère lors d’un dîner de gala, « on ne dit pas « vieille », c’est très mal élevé, on dit « personne âgée ».

Ce qui n’a guère dû plaire à la concernée, laquelle n’accuse à vue d’œil qu’une petite dizaine d’années de plus que vous (mais est nettement plus décrépie niveau rides, je vous l’accorde. Que voulez-vous, la graisse conserve une meilleure élasticité à la peau, faut bien qu’il y ait des compensations).

« D’accord », reprend Monette, « n’empêche que la dame âgée, elle fume. Je croyais que quand on devenait vieux, on devenait sage ? »

Puis, fataliste : « c’est pas vrai alors. Même les vieux, ils font des bêtises ».

Hé oui. Triste époque.

1 mai, 2008

Pile ou face

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies — Pétronille @ 21:18

vache.jpgScénario numéro un : Monette invite une copine pour jouer. Elles commencent par se déguiser, puis dans la foulée inventent une pièce de théâtre inédite qui se joue dans le noir avec des lampes de poche et que vous êtes gracieusement invitée à visionner trois fois de suite en avant-première. Ensuite elles sortent le matériel de bricolage et confectionnent des cartes pour leurs copines à grands renforts de tampons, fleurs autocollantes, ciseaux diversement crantés, colle et stylos feutres. Plus quelques œuvres originales destinées à orner les murs de leur futur appartement commun, quand elles seront grandes. Elles poussent la bonne éducation jusqu’à ranger le matériel (ça, c’est grâce à la copine, parce que Monette a une sainte horreur du rangement, elle en ferait presque des poussées d’eczéma) avant de s’installer tranquillement à table pour le goûter. Tout en grignotant leur pomme-popcorn-sirop, elles se racontent des secrets et gloussent dans le plus pur style chipiesque, décrivant avec force détails comment ce sera quand elle partageront leur maison, avec des chevaux, des copines, de la musique, des spaghettis à volonté et pas de maman pour jouer les mégères mono-obsessionnelles.

Vous, pendant ce temps, vous pliez tranquillement votre lessive avant de vous caler dans le canapé avec un coussin et un café histoire de savourer la sérénité de cette ambiance paradisiaque avec un bon bouquin.

Scénario numéro deux : Darwin invite un copain. Le premier quart d’heure constitue un modèle du genre. C’est ensuite que ça se gâte, au moment précis où vous entendez un grand bruit sourd, suivi d’un « aïe » et de cris. Vous vous traînez accourez sur le lieu du drame pour découvrir sans trop de surprises que le jeu qui consistait à sauter du lit superposé sur la planche à roulettes a mal tourné. Heureusement, en génitrice prévoyante, vous avez à portée de mains arnica, crème et pansements en tous genres. Vous suggérez aux deux piles à combustion de se trouver une occupation plus calme.

Vous avez à peine le temps de vous faire un café qu’on vous appelle à la rescousse : le ballon de foot a par inadvertance décroché le plafonnier. Comme ça, tout seul, de sa propre initiative. Il peut s’estimer heureux qu’il ne lui ait pas pris l’envie de s’attaquer aux vitres ou vous l’auriez dégonflé aussi sec. Vous allez chercher l’escabeau et votre trousse à outils, prenez la précaution de couper le courant et faites une brillante démonstration de vos talents conjugués d’électricienne et d’équilibriste, démonstration suivie avec beaucoup d’attention par les deux loustics (tombera ? tombera pas ?).

Remise de vos émotions, vous suggérez une trêve et un goûter. Les fauves engloutissent un paquet de biscuits avec forces miettes en 2 secondes 3 dixièmes avant de filer ventre à terre dans leur antre. Vous contemplez pensivement la pluie qui frappe le sol de la cour en bas de chez vous et n’hésitez qu’un millième de seconde avant de suggérer innocemment que le ballon a lui aussi besoin de prendre l’air.

Juste après les avoir expédiés dehors en bottes et cirés, vous constatez avec un certain désarroi que la chambre ressemble maintenant à une scène de l’ère jurassique, des dinosaures éparpillés un peu partout et une fine couche de sable recouvrant le tapis. Remontant la piste sablonneuse, vous vous apercevez que cela provient du kit « dig-a-dino » que les paléontologues en herbe ont copieusement pioché, tailladé, épousseté, etc. à même le sol. Vous n’avez plus qu’à passer un coup d’aspirateur pendant qu’ils sont loin.

Vous récupérez ensuite deux enfants trempés jusqu’aux os avec l’espoir que cette petite virée les aura calmés. Effectivement, ils décident de s’étendre sagement sur le lit avec des magazines. Mais bien vite le besoin d’action se fait sentir, et lors d’une séance de gym un peu musclée quatre petits (enfin, petits…) pieds réussissent victorieusement à décrocher deux lattes du lit.

Vous finissez tous la journée dans un état d’énervement frisant l’hystérie et faites asseoir tout ce monde sur le canapé dans une posture jambes et mains croisées supposée apporter détente, relaxation et apaisement des nerfs surmenés, en vous demandant tout de même si un valium ne serait pas plus efficace.

11 avril, 2008

Cloche en cubes

Classé dans : Et en plus, elle râle — Pétronille @ 17:58

cassetete.jpgVous avez ramené de vos dernières vacances d’été un casse-tête en bois. Il s’agit de 4 dés possédant des faces de différentes couleurs (rouge, jaune, vert, noir), autant de cubes qu’il s’agit d’arranger dans un écrin en bois de manière à ce que sur chaque face (haut bas, avant, arrière) apparaissent les 4 couleurs. Une petite photo valant mieux qu’un long discours confus, voyez l’engin par vous même.

Facile et amusant, avez-vous pensé. Et de tranquillement disposer le petit jeu dans vos lieux d’aisance, histoire de stimuler occasionnellement vos méninges et pourquoi pas celles des invités curieux.

Seulement voilà, vous n’êtes jamais arrivée à résoudre ce défi. Il faut dire que vous n’êtes pas d’un naturel très patient et que l’absence de réussite vous agace vite. Manque de chance, le précieux papier contenant la solution a disparu, et vous soupçonnez fortement Monette de l’avoir utilisé pour ses bricolages. Il ne vous reste plus qu’à faire fonctionner votre neurone gauche. Ou le droit, les jours pairs.

Que vous soyez ainsi confrontée à vos limites est certes désagréable, mais vous arrivez à vivre avec. Vous parvenez encore à prendre la chose avec philosophie quand Darwin ressort des toilettes en annonçant tranquillement qu’il a réussi le casse-tête. Bah, un simple coup de bol, la chance du débutant. Vous démontez vicieusement le jeu, essayant de comprendre la logique, le truc, et de réitérer l’exploit. En vain. Vous reposez subrepticement la diabolique chose et la reléguez dans les limbes de votre esprit.

Jusqu’au prochain passage de Darwin, qui râle qu’on lui a défait son casse-tête et qu’il a dû le recommencer. Vous manquez vous étrangler de surprise. Démontez tout et lui demandez de le refaire, là sous vos yeux. Hurlements de protestation du schtroumpf qui ne voit manifestement pas l’intérêt de démonter un jeu si c’est pour le remonter droit derrière.

N’empêche que le lendemain, les cubes se sont mystérieusement remis dans le bon ordre.

Quelque part, c’est franchement vexant.

3 avril, 2008

Les vertus de l’illetrisme

Classé dans : Paroles de schtroumpfs,Tout et rien — Pétronille @ 20:06

alphabet.jpgTemps béni de la petite enfance, quand vos chérubins découvrent le monde de leurs yeux émerveillés. Les questions fusent, naïves et incongrues, parfois embarrassantes, mais vous avez toujours le loisir d’y répondre sans que personne ne puisse prétendre contester la légitimité de vos propos, si farfelus soient-ils.

Las, ce temps merveilleux s’arrête le jour où la prunelle de vos yeux maîtrise enfin l’art délicat du déchiffrage. Dire qu’il y a des inconscients, dont vous avez hélas fait partie, qui attendent ce moment avec impatience. Grave erreur. Voici ce à quoi ils s’exposent :

  • Maman, c’est quoi « sensuel » ?

  • Pourquoi la dame sur l’affiche elle dit qu’il faut manger du beurre, et toi tu n’achètes que de la margarine ?

  • Ça veut dire quoi « très azur » ? (très azur ?? trait azur ?? ah, treasure…vive l’anglicisation des panneaux publicitaires)

  • C’est quoi un film érotique ? (ne plus jamais laisser traîner le programme télé)

  • C’est quoi le seuil de pollution ? c’est quoi « alarmant » ? on va mourir ?

  • C’est pas par là !!! Pour Saint-Machin-les–cloches, le panneau dit qu’il faut tourner à gauche !!! (ça fait juste six ans que vous empruntez toutes les semaines la même route, mais vous voilà prise en flagrant délit de raccourci sauvage)

Sans compter les inévitables quotidiens et autres canards qui vont vous condamner à expliquer sans relâche ce que sont l’OTAN, la ruée vers l’or, le FMI, une erreur judiciaire, la crise tibétaine, les élections parlementaires, Ingrid Betancourt et le congrès extraordinaire (ça veut dire que c’est génial et qu’on s’y amuse bien maman ?) des lesbiennes, gays, trans et bi. Entre autres. Vous songez sérieusement à militer pour l’interdiction des manchettes de journaux.

En digne héritière de deux gènes X, votre mini-prunelle a instinctivement repéré deux mots absolument essentiels : «action» et «soldes». Qu’elle ne manque pas de pointer à votre attention avec une mine réjouie : « ça veut dire que c’est moins cher, maman ! On va acheter ? »

Chouette alors. Il ne manquait plus qu’un deuxième panier percé dans la famille.

30 mars, 2008

C’est Samson qu’on assassine

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies — Pétronille @ 21:09

hairdresser.jpgCorvée de fin de vacances. Vous refusez catégoriquement de renvoyer Darwin à l’école avec une coupe de cheveux se situant quelque part entre les dreadlocks rasta et les Jackson five. Pour la 12’718e fois, vous tentez d’expliquer à votre loustic qu’avec sa tignasse crépue et indisciplinée, les cheveux longs, ça ne va pas le faire. Ou alors ça fera musée des horreurs et renvoi immédiat du cours de natation (dans lequel vous avez cru comprendre qu’en plus d’être totalement inintelligible dans ses instructions, l’ancienne nageuse russe recyclée en entraîneuse n’a pas l’air d’être commode-commode). 

Bravement munie d’une tondeuse de coiffeur, vous négociez âprement la coupe, entre deux sanglots à fendre l’âme. Puis vous essayez de la réaliser le plus lestement possible compte tenu de votre dextérité et de la coopération du schtroumpf, toutes deux fort mitigées. Ceci sous le regard compatissant de Monette, dont l’empathie naturelle est néanmoins entachée d’un soupçon de plaisir vengeur. Vous l’avez en effet rarement vue proposer spontanément de vous aider à ramasser les cheveux par terre, et la surprenez à glisser des regards aussi furtifs que narquois à son frère qui alterne soupirs et cris de douleur dans un grand moment d’anthologie d’art dramatique (c’est que môssieur a le cuir chevelu particulièrement sensible, ou alors vous seriez-vous trompée d’engin et pris la scie sauteuse à la place du rasoir ?) 

L’égorgement du cochon terminé, votre schtroumpf se contemple longuement dans le miroir en admettant que oui, finalement, c’est pas mal. Le mot de la fin revient à Monette qui donne son approbation à contrecoeur en regrettant « qu’au fond, avec cette coupe, il ait l’air d’un mec ». 

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