Le Clafoutis

de Pétronille

29 novembre, 2007

Un subtil mélange des genres

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 21:23

aigle.bmpAttentive à la vie spirituelle de votre progéniture, vous demandez à Darwin comment se passent les cours de catéchisme auxquels il a absolument tenu à s’inscrire (voir ici ).

« Bien », vous répond-il, le nez plongé dans un manga Naruto. 

Certes, voilà qui fait toujours plaisir à entendre. Mais encore ? (décidément, votre curiosité ne connaît pas de limites)

Avec un soupir, Darwin lève la tête de sa lecture et daigne vous expliquer patiemment : 

« On a appris que les aigles peuvent voler à 120 km/heure et qu’ils ont une vue aiguisée qui leur permet de voir à 500 mètres de distance . » 

Ah ? Etrange catéchisme, vos vagues souvenirs de la chose ne recèlent rien d’aussi intéressant. Au fait, pourquoi l’aigle ? (purée, mais faites-la taire) 

« Chais pas », répond Darwin, « mais le type là, parfois il raconte des trucs bizarres ».   

Votre sang ne fait qu’un tour et votre instinct de mère-poule se met aussitôt en branle. Quel type ? Quels trucs bizarres ? 

Un interrogatoire serré digne de l’inspecteur Clouzot vous permet de faire la lumière sur cette sombre affaire. En fait de type, il s’agit du pasteur, qui serait sans doute très heureux de l’appellation. Et les bizarreries ne sont autres que les paraboles et autres légendes bibliques. L’arche de Noé par exemple, qui par un étrange détour dont vous ne vous rappelez pas tous les méandres, permet à votre schtroumpf de vous expliquer pourquoi un serpent orne l’emblème des pharmacies – symbole tout ce qu’il y a de païen.

Vous contemplez le formulaire d’inscription aux répétitions de la saynète pour le culte de Noël en vous demandant s’il vous faudra vous sacrifier et risquez une ultime question sur son souhait de poursuivre le catéchisme après les vacances de fin d’année. 

«Oh oui », répond votre scientifique en herbe, « sauf que j’aimerais mieux des sandwiches au fromage et que pour ma confirmation (dans grosso modo 7 ans, ndlr), je me ferai baptiser bouddhiste. » 

Hum. Finalement, vous ferez aussi bien d’éviter le culte, ou vous risquez d’avoir droit à quelques questions embarrassantes du type aux histoires bizarres. 

13 novembre, 2007

Existentialisme nocturne

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 18:35

sommeil2.bmpVous êtes béatement plongée au milieu d’un magnifique rêve – vous ne vous en souvenez pas, mais vous avez la certitude absolue que c’était bien – lorsque vous êtes réveillée par une sensation de rouleau compresseur sur votre estomac. Dans l’obscurité, vous distinguez vaguement Monette bien réveillée, elle, qui joint le son à l’image : 

« - Dis maman, est-ce qu’en Chine il y a aussi des gens méchants ? » 

A 4h30 du matin, le sujet vous intéresse très moyennement, mais vous faites l’effort suprême de marmonner dans votre barbe que c’est comme partout ailleurs, y’a des gentils et des méchants, avant de vous retourner et tenter de vous rendormir aussi sec. Mais la demoiselle ne l’entend pas de cette oreille et poursuit :

«- Est-ce qu’il y a des chinois qui ont les yeux bleus ? » 

Comme vous ne comptez pas lui expliquer l’origine ethnique ni la situation politique de la minorité ouïghour à cet instant précis, ni vous lancer dans un cours de génétique, vous optez pour un « j’crois pas, non » bien neutre, destiné à clore le sujet. Hélas, c’est mal connaître votre tête de mule. 

« - Mais alors si j’épouse un chinois, je ne pourrai pas avoir des enfants avec les yeux bleus ? Est-ce qu’il faut que mon mari ait les yeux bleus pour que j’aie des bébés aux yeux bleus ? » 

Peu lui chaut que vous soyez à moitié rendormie, la chipie poursuit sans pitié  : 

« - Quand je renaîtrai une nouvelle fois, je me choisirai un papa aux yeux bleus, comme ça je serai sûre d’avoir les yeux bleus. » 

Entre deux phases de sommeil léger, vous notez avec plaisir qu’elle n’a pas pour le moment envisagé de changer de mère (mais ce moment viendra toujours bien assez tôt, vous n’en doutez pas…) et vous interrogez vaguement sur l’origine du concept de réincarnation dans cette petite tête.  Puis la coquine conclut, satisfaite :

« - Et je n’aurai plus qu’à demander au coiffeur de me teindre les cheveux en blond ». 

Sur ce, rassérénée, elle se rendort avec un soupir de contentement. Pour le coup c’est vous qui êtes frappée d’insomnie : pas cinq ans et déjà victime du stéréotype féminin imposé par les médias. 

21 octobre, 2007

Ah l’amouuuuuuur…

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 9:58

amour2.bmp Votre loustic rentre de sa première réunion de catéchisme (voir ici)  ébloui, des étoiles dans les yeux. 

Ciel, vous dites-vous aussitôt (avec un certain à propos), ça y est, ils me l’ont converti, il a viré mystique, eu une illumination, est entré en extase religieuse, vous saviez que c’était une âme sensible vous n’auriez pas dû le jeter en pâture à toutes ces tentations intégristes, enfer et damnation. Vous vous sentez tellement coupable que vous êtes prête à aller brûler des cierges, réciter des mea culpa et égrener des rosaires jusqu’à plus soif pour qu’on vous rende votre Darwin original. 

Rassurez-vous, rien d’aussi dramatique ne s’est produit : votre grand cœur d’artichaut est simplement amoureux. 

Vous découvrez à cette occasion la motivation véritable derrière cet engouement suspect pour le catéchisme en dépit d’un rationalisme bien ancré, motivation qui répond au doux prénom de Diane, jolie blonde d’au moins trois ans plus âgée que lui. Il vous avoue d’ailleurs en rougissant qu’il s’est assis à côté d’elle pour le déjeuner, et vous avez de la peine à croire qu’il s’agit bien du même Darwin qui tripote les sangsues à mains nues pour sentir comme ça chatouille et estimait encore récemment que « les filles, c’est trop bête. » 

Alors que votre aîné se pâme et se complaît dans ses émois d’amour romantique, votre benjamine adopte une position nettement plus terre-à-terre. Après vous avoir expliqué pour la 3475ème fois consécutive le déroulement de son futur mariage – lieu, robe, invités, fleurs, pétales de rose, repas et bal, finalement le seul détail encore flou, c’est l’heureux élu – elle vous prévient sans ambages qu’en tous cas, elle aura trois maris. 

Oui, trois. Mais non pas en même temps maman, enfin c’est pas permis, trois époux successifs évidemment. 

Vous scannez rapidement votre cerveau à la recherche de l’origine de cette idée saugrenue. D’accord, votre entourage compte un certain nombre de divorcés, y compris vous-même, mais pas de familles recomposées, ou alors pas encore officiellement. Deux couples homosexuels, trois autres sans enfants, quelques célibataires, des familles soudées, mais aucun remariage, non vraiment vous ne voyez pas d’où une telle idée peut être issue, sauf à prendre trop au pied de la lettre le dernier livre d’école que son frère lui a lu (Les fantômes de mamie Ratus, pour les initiés). 

Vous n’avez même pas le temps de poser la question qu’elle enchaîne, catégorique : 

«  et j’aurai aussi trois filles : une avec J., une avec D. et une avec G. Comme ça », ajoute-t-elle l’air satisfait, « y’aura pas de jaloux ». 

Le premier qui la ramène avec des théories abracadabrantes sur les différences sexuelles dans la gestion du sentiment amoureux est attendu de pied ferme chez vous pour une étude sociologique appliquée. 

8 octobre, 2007

Kermesse zen

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 21:48

bouddha1.bmp Ce week-end, vous vous êtes aventurée hors des sentiers battus, puisque vous avez osé faire une apparition à la fête de paroisse. Oui je sais, ça vous a un petit côté délicieusement vieillot (ou franchement ringard, tout dépend, mais restons positifs), tout à fait comme dans les images d’Epinal. De charmantes vieilles dames aux cheveux blancs vendaient des courges bio de leur jardin et des pots de confitures maison à côté d’un stand de bric-à-brac où d’antiques bouilloires côtoyaient des chauffe-biberons ayant probablement appartenu à Laurence Pernoud ou à sa sœur aînée et des pattes de cuisine crochetées main avec amour dans des tons ravissants (violet et jaune vif, par exemple), le tout sous une douce lumière d’automne.

Vous avez donc erré un moment avec la chair de votre chair au rythme des flonflons d’un orgue à manivelle, dénichant par-ci un livre, par là un billet de tombola – qui a permis à Monette de gagner une boîte de stylos et tampons, de quoi refaire votre décoration murale – tout en prenant l’apéritif. Puis vous avez eu l’occasion de faire connaissance avec le pasteur. Bien qu’habitant le village depuis plus de huit ans, et recevant régulièrement dans votre boîte à lettres des courriers de la paroisse que vous n’avez jamais ouverts, vous vous êtes jusqu’ici fort bien contentée de votre étiquette d’impie vouée au purgatoire. Vous vous efforcez néanmoins d’entretenir une conversation courtoise, jusqu’à l’arrivée inopinée de Darwin qui souhaite apporter sa pierre à l’édifice et déclare à l’assemblée médusée :

- Moi, je suis bouddhiste.

Ah ? Ravie de l’apprendre. Mais encore ? Eh bien il semble que c’est « quand on fait de la méditation zen, qu’on ne tue pas les animaux et qu’on devient très sage » (pour ceux qui n’auraient pas encore bien saisi la signification profonde du bouddhisme). Sur ce sa sœur, solidaire, débarque vous confirmer qu’elle aussi, est « bouddhissette », avant de repartir engloutir une autre poignée de chips. Qu’à cela ne tienne, vous décidez d’inscrire l’aîné au catéchisme, songeant qu’on est toujours plus riche d’avoir entendu au moins une fois dans sa vie une vision alternative des choses.

Voulant tout de même consulter l’intéressé sur le sujet, vous vous mettez à la recherche de Darwin suivie de près par le maître des lieux, un Darwin que vous découvrez fort occupé à ramasser discrètement des dizaines de prospectus éparpillés sur le parvis de l’église, rapport à sa tentative d’escalader le présentoir pour atteindre le haut du porche. Légèrement déstabilisé par cette vision mais ne voulant pas débuter sur un mauvais pied, l’homme d’Eglise entre d’emblée dans le vif du sujet. Intéressé, d’autant que plusieurs copains y vont déjà, Darwin s’enquiert tout de même du sujet des cours. Le pasteur lui explique qu’il ne s’agit pas d’un cours mais qu’ils vont « parler de la composition du monde et de comment on peut y vivre ». Pas décontenancé pour deux sous par cette formule vague et assez maladroite, votre loustic relève avec candeur que « le monde, aux origines, était composé de gaz ». Vous réprimez un fou rire nerveux et tentez de rester zen, finalement vous allez peut-être virer bouddhiste, vous aussi. Conservant tout son flegme (le saint homme), le père tente de lui expliquer qu’ils ne vont pas parler de science. Regard dubitatif de votre schtroumpf, qui décide d’aller vaquer à d’autres occupations (par exemple les 24 derniers exemplaires du Science et Vie Découverte que vous venez d’acquérir pour une bouchée de pain).

La première confrontation de votre scientifique en herbe avec le monde religieux doit avoir lieu dans dix jours, il ne vous reste plus qu’à croiser les doigts pour que le pasteur ne change pas d’avis entre-temps.

 

29 septembre, 2007

Dieu, Bush et les poissons

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 12:55

coelacanthe.bmp  - Maman, vous demande une Monette préoccupée, dis-moi, est-ce que Dieu aime Georges Bush ?

La question, à 7h du matin tapantes, manque vous faire avaler votre café de travers. Tentant d’éviter des complications métaphysiques, vous adoptez une position que vous croyez pragmatique, expliquant que Dieu aime tout le monde mais a aussi le droit d’être fâché lorsque ses ouailles ont le mauvais goût de faire des bêtises (oui oui, les similitudes avec le fonctionnement maternel sont fort curieuses, je vous l’accorde).

Monette acquiesce, pensive, avant d’ajouter : – Mais alors, est-ce que Georges Bush sait, que Dieu est très très fâché contre lui  ?  Pause, puis: – Et s’il sait, pourquoi il n’arrête pas ? (de tuer des gens en Irak, ndlr. Non non, vos enfants ne sont pas du tout politisés).

Voilà qui devient plus ardu. Vous vous empressez de vous faire couler un deuxième espresso en pensant très fort à Georges (l’autre !), le temps de peaufiner une réponse, et vous voilà momentanément tirée d’affaire par l’intervention de Darwin, qui affirme d’une voix décidée :

- De toute façon, Dieu n’existe pas, c’est pour cela que Georges Bush, il s’en fout.

Elémentaire, voyons, comment n’y avez-vous donc pas songé plus tôt. Pour votre part, vous vous seriez volontiers arrêtée là, mais voilà que Darwin enchaîne, imperturbable :
- Dieu, la création du monde, tout ça, c’est n’importe quoi, c’est juste pour que les gens croient que quelqu’un va les punir s’ils font des bêtises. Moi en tous cas, je me demande pourquoi celui qui a écrit la Bible, il a raconté des mensonges, et après tout le monde croit que c’est la vérité.

Vous voilà embarquée précisément dans la conversation que vous auriez préféré éviter. Vous marmonnez vaguement quelque chose sur les métaphores, les textes écrits au second degré et la nécessité de respecter la foi de chacun, tout en méditant la pertinence d’inscrire tout de même vos loustics au catéchisme, tandis que votre grand enchaîne joyeusement, avec ses mots à lui, sur l’aberration d’une création humaine ex-nihilo versus la logique implacable de l’évolution de l’organisme unicellulaire gros comme une poussière qui développe des nageoires, puis sort de l’eau et s’adapte à la vie aérienne, etc etc., le tout sous l’oeil chagrin de votre benjamine qui trouvait sans doute l’explication déiste nettement plus satisfaisante pour ses penchants romantiques.

Le soir, vous avez la joie d’être convoquée à l’école afin d’expliquer pourquoi votre fille raconte qu’à la maison, on va faire pousser des poissons dans des verres d’eau (la notion de temps, comme chacun sait depuis Einstein, étant somme toute très relative) et confirmer que non, vous n’avez pas  récemment fait l’acquisition d’un aquarium chauffé avec lézards amphibiens en sus.

Demain, promis, vous restez couchée. 

21 septembre, 2007

Trou noir, trou de mémoire

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 20:25

La préoccupation actuelle de Darwin, ce sont les trous noirs. C’est vrai ça, vous ne vous êtes jamais demandés où pouvait bien déboucher la matière qui était happée par un trou noir ? Non ? Vraiment pas ? (moi non plus à vrai dire, mais faut pas le répéter, ça risque de casser mon image). Et puis, on peut poser un tas de questions autour des trous noirs, chouette alors.

Le meilleur moment pour poser des questions, c’est bien connu, c’est le matin au réveil, si possible avant la douche et le café, le soir, pendant la course préparation du repas-douche-vaisselle ou, mieux encore, quand maman est justement au téléphone. Oui, c’est forcément là que maman est le plus réceptive, en tous cas dans l’esprit d’un moins de huit ans.

Trous noirs, disais-je donc. Question darwinienne :

- Maman, où va la matière qui est attirée dans les trous noirs ?

Monette, ne voulant jamais être en reste, en même temps que son frère, bien synchronisés s’il vous plaît (voui, il paraît qu’à 6h45 du matin ça facilite la compréhension) :

- Maman, ça veut dire quoi, mélancolique ?

Moi, un œil et un demi-neurone activés :

- euh… bé…c’est-à-dire… voui… enfin… mmmh…. (d’accord, on a fait plus fort en matière d’élocution distinguée, mais vous auriez répondu quoi, vous, au saut du lit ?)

-Ma-man ! » ( en stéréo, ça achève de réveiller)

Alors qu’en désespoir de cause je fouille frénétiquement ma mémoire à la recherche d’un vague lambeau de connaissance sur les trous noirs, ma fille, craignant que sa question ne finisse en queue de comète, se plante devant moi et clame :

- Alors, est ce que les trous noirs peuvent être mélancoliques ?

Si quelqu’un a l’ombre d’une réponse…

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