Le Clafoutis

de Pétronille

11 septembre, 2008

Après la fin (du monde)

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 8:27

trounoir.jpgEn scientifique amateur et averti, Darwin suit depuis quelques mois d’un œil intéressé et frustré les expériences du CERN*, et particulièrement la mise en service du grand collisionneur de hadrons (ou LHC. Surtout ne demandez pas de quoi il s’agit, vous n’avez pas tout compris vous-même). Frustré, car malgré ses demandes incessantes et sa curiosité, sa béotienne de mère n’arrive pas à répondre correctement à ses questions, et les explications données dans les diverses publications sont un brin trop compliquées pour ses tout juste huit ans.

De retour de l’école, Darwin s’exaspère. Les journaux et les copains ne parlent que de la possibilité d’un trou noir créé par la mise en service du LHC, qui doit engloutir le monde mercredi 10 septembre, soit exactement le jour où il a invité des copains pour fêter son anniversaire.

C’est qu’en plus d’avoir un esprit rationnel, Darwin est un grand anxieux. Même si ce genre de théories ne parvient pas à ébranler sa foi dans la communauté scientifique « qui connaît mieux la science que les journalistes », il aimerait tout de même bien être rassuré. Mais n’en perd pas le nord pour autant, et explique avec flamme qu’il ne sert à rien de commencer ses devoirs à domicile trop vite, car si la fin du monde devait survenir, ce serait stupide d’avoir gâché les derniers jours avec des occupations aussi futiles que des fiches de français.

Très prosaïque, Monette suggère d’appeler le Cern pour leur demander de retarder de 24 heures la mise en marche de la machine, leur expliquant qu’il serait vraiment dommage de ne pas pouvoir fêter l’anniversaire de son frère avant la fin du monde.

Un matin, n’y tenant plus, Darwin empoigne le téléphone, appelle le Cern, et demande tout de go si un trou noir sera vraiment généré par le LCH et s’il va engloutir le monde. L’interlocuteur ayant un fort accent anglais, Darwin est persuadé d’avoir affaire à un des scientifiques de pointe (et vous vous gardez bien de le détromper). Lequel s’empresse de le rassurer. « Au revoir, et à jeudi » ajoute-t-il encore avec humour.

« J’en étais sûr ! » exulte le schtroumpf, qui repart donc à l’école fort des certitudes qui vont lui permettre de clouer le bec à certains copains de mauvais augure.

Ce mercredi soir, vous êtes toujours là. La fin du monde semble heureusement reportée à une date ultérieure. Chapitre suivant dans quelques semaines…

*centre européen pour la recherche nucléaire

25 août, 2008

Un pied dans la tombe

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 19:59

tajmahal1.jpg« Maman, est-ce que tu pourras m’apprendre à conduire, quand je serai grande…? »

Après une courte réflexion, votre effrontée de fille ajoute : « … et que tu seras vieille ».

Vieille ?  Cet assemblage de lettres ne fait pas partie de votre répertoire. Mais rien ne vous est épargné : voilà que Darwin prend la relève quelque temps après, lors d’un barbecue chez des amis:

« Maman, quand tu seras morte…. »

Rien que le début vous enthousiasme follement. S’il y a un sujet sur lequel vous aimez vous appesantir, c’est bien celui-ci. Vous faites néanmoins l’effort de jouer les mères modèles avec dignité :

«  oui, mon grand ? »

« … tu voudras te faire incinérer ou avoir une jolie tombe décorée avec des roses ? »

Posée ainsi, la question ne laisse guère d’alternative. Vous espérez tout de même avoir encore quelques années pour y réfléchir. Merci mes chéris pour cette vision d’avenir.

1 juillet, 2008

Amours de vacances

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 20:15

tablchocolat.jpg18h00, retour du centre aéré. Votre fille se jette dans vos bras et vous murmure à l’oreille « Maman, j’ai une bonne nouvelle » d’un ton réjoui.

Tout de suite, votre cerveau émet les plus folles suppositions : a-t-elle traversé la piscine toute seule à la nage ? appris une nouvelle danse ?  maîtrisé les sauts périlleux arrière ? réinventé la recette du canard à l’orange ?

Que nenni. La bonne nouvelle en question est d’une nature autrement plus capitale:

« J’ai un nouvel amoureux, c’est D. », explique-t-elle. Et on va se marier « pour de vrai » ! On a discuté, et il est d’accord.  Je lui ai dit qu’il devrait être plus gentil s’il veut que je sois amoureuse de lui, alors il a promis».

Vous apprenez ainsi que l’inconscient D. doit lui offrir une bague et un bouquet de fleurs, parce que ce sont les hommes qui doivent donner des cadeaux aux femmes (oui, vous l’avez bien éduquée).

Pendant ce temps, votre grand n’est pas en reste. De retour au bercail, le voilà qui se lance dans une série d’abdos. Ne s’est-il pas assez dépensé durant la journée ? « Si », vous répond Darwin en plein exercice et en nage « mais c’est pour avoir des plaques de chocolat sur le ventre, car les filles trouvent ça beau, les hommes musclés. »

Vous pensiez les avoir inscrits à un camp d’activités  de plein air, pas à un club de rencontres. Naïve que vous êtes.

29 juin, 2008

Spiritisme maison

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 8:30

ballons3.jpg« Tiens maman, j’ai fait un bricolage pour grandmi, on va le lui donner »

Vous êtes un brin perplexe et rappelez à votre puce que son arrière-grand-mère est décédée l’an dernier et qu’il va être difficile de lui faire parvenir quoi que ce soit… 

Mais rien n’entame la ténacité de Monette quand elle a une idée en tête. Pensive, elle s’enquiert :

« Grandmi, c’est un esprit maintenant… est-ce que les esprits sont plus légers que les nuages? »

De toute la hauteur de votre immense sagesse spirituelle et métaphysique, vous supposez vaguement que oui (vous trouvez la notion d’immatérialité un chouïa compliquée à expliquer à une enfant de cinq ans et passez outre allégrement).

« Alors on va acheter un ballon et attacher le bricolage à la ficelle, comme ça quand grandmi sera assise sur son nuage elle n’aura plus qu’à l’attraper au passage. J’ai écrit dessus que c’était pour elle pour qu’on ne puisse pas se tromper » décide Monette.

Vous voilà donc en quête d’une ballon gonflé à l’hélium et d’un jour de beau temps avec néanmoins deux ou trois nuages, car sans nuages où donc irait s’asseoir votre grand-mère pour attraper son cadeau ?  Il ne faudrait surtout pas que celui-ci aille se perdre dans l’infini de la voie lactée.

Lucide comme elle l’a toujours été, votre aïeule voit donc encore passer les ballons.

6 juin, 2008

Un avant-goût de troisième âge

Classé dans : Et en plus, elle râle,Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 20:11

manny2.jpgIl y avait les pré-adolescents, voilà maintenant les pré-sénescents. Hé oui, depuis que vous avez péniblement franchi la dizaine qui vous classe inexorablement dans la catégorie des dinosaures ou à la rigueur des mammouths laineux, vous devez admettre que l’écart entre les jeunes cerveaux bouillonnants de votre progéniture et vos pauvres neurones sur le déclin se fait terriblement sentir. Aujourd’hui, par exemple, tandis que votre matière grise hoquette et faillit à se rappeler les trois choses essentielles que vous devez absolument acheter avant de rentrer (ce qui fait que vous arrivez chez vous avec trois articles totalement différents et que les magasins sont fermés quand vous réalisez votre méprise), Darwin envisage le futur avec ambition :

- « Quand je serai grand, j’inventerai des machines qu’on posera sur tous les toits et qui absorberont la pollution. Et quand elles seront pleines, je regarderai dedans et j’inventerai comment dépolluer la pollution, et après on aura des machines qui transformeront toutes seules la pollution en air pur.  Après ça j’inventerai des voitures qui roulent à la pollution et qui rejettent de l’air pur.  (Pause). Sauf qu’après y’aura plus de pollution et que les voitures ne pourront plus fonctionner. »

Voui, le problème est complexe. Rien que l’ampleur de la tâche vous écrase de fatigue et vous rêvez d’un bon bain moussant (totalement non écologique certes, mais puisque votre fils s’apprête à sauver la planète, cela vous exonère sûrement de quelques hectolitres).

C’est alors que Monette s’en mêle. En matière de figure de proue écologique, votre puce qui adore patauger dans un évier rempli d’eau et de mousse (surtout de mousse) sous le prétexte de faire la vaisselle (vous figurez parmi les rares attardées qui ne possédez pas de lave-vaisselle), tout en expédiant allégrement d’un seul coup un demi-litre de produit – écologique, c’est déjà ça – dans les eaux usées, ne s’en laisse pas conter. Et perçoit immédiatement le créneau marketing qu’on peut tirer d’une telle invention.

- « Moi je décorerai les machines de Darwin, en rose, en bleu, en multicolore, avec des fleurs, des poissons, des papillons… comme ça ce sera joli, sur les toits, plein de couleurs. »

Ouf, vous allez pouvoir vieillir en paix. L’avenir de la planète et votre retraite sont assurés.

21 mai, 2008

Cervelle burger

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 20:08

mmepq.jpgQuestion du jour de Monette qui, comme vous croyez l’avoir déjà relevé, aime verbaliser ses interrogations existentielles devant un public choisi, soit, ce soir, la file d’attente du fast-food :

« Maman, Einstein, c’était qui exactement ? »

Vous expliquez qu’il s’agissait d’un physicien, un savant, qui essayait de découvrir comment fonctionnait le monde et la matière.

« Il était intelligent alors ? et il a inventé quoi ? »

Vous tentez tant bien que mal de mettre des mots simples sur quelque chose que vous-même ne maîtrisez pas très bien, ce qui a évidemment le don de rendre l’explication encore plus nébuleuse.

« Ouais », ajoute Darwin sarcastique, « et c’est aussi l’inventeur du string. »

Sur ce trait d’humour particulièrement fin, Monette se croit tenue d’expliquer très sérieusement au serveur du fastfood ahuri :

«  Tu sais, Einstein avait un cerveau si grand que parfois on en voyait un bout qui sortait par ses oreilles. »

Sous l’effet du choc, le pauvre homme s’est complètement trompé dans les commandes : non seulement vous vous êtes retrouvée avec deux fois plus de hamburgers que prévu mais il vous a encore offert desserts et cafés pour se faire pardonner.

La semaine prochaine, vous tentez Ducasse ou Marc Veyrat.

19 mai, 2008

Coeur en berne

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 22:23

diddl.bmp« Maman », soupire une Monette toute chagrine, « tu sais, il me manque trop ».

« Qui ça, ma puce ? »

« Tiago, le garçon de ma classe qui a déménagé ». Et d’enchaîner, rêveuse : « on jouait toujours au taureau à la récréation ».

Vous, pensive : « au, hum… taureau ??? »

« Oui, avec mon écharpe et ma veste. Moi j’étais le torero en habit à paillettes, et lui, il faisait le taureau. Et les copines, elles étaient assises sur le banc et elles applaudissaient ».

Vous concevez aisément qu’une corrida sans taureau, c’est beaucoup moins excitant. Néanmoins, toute peine de cœur finit par trouver un exutoire. Celui-ci se présente en l’occurrence sous la forme de papier à lettre Diddl rose, déniché dans un vide-grenier.

« Tiago, tu me manques » écrit donc Monette de sa plus belle plume, avant de glisser la missive dans une enveloppe assortie.

Et c’est ainsi que vous vous retrouvez à jouer les détectives et à téléphoner à toutes les mamans de la classe pour trouver le nom de famille du déserteur afin de remonter la filière jusqu’à sa nouvelle adresse. Tout en vous exécutant, vous prévenez l’amoureuse transie : dans dix ans, il faudra qu’elle se débrouille toute seule.

4 mai, 2008

Un mythe s’effondre

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 9:36

6143oldwomansmokingacigarette.jpgComme dirait Darwin, ce week-end « vous avez eu trop la honte »  (d’ailleurs est-ce normal qu’un enfant de 7 ans et demi raisonnablement éduqué s’exprime déjà comme un ado de banlieue-dortoir ?). La faute en incombe à Dame Monette observant les tables du café sur la place du village, et dont la petite voix flûtée laisse soudain transparaître cinq ans d’éducation aux bonnes manières : 

« Maman, y’a une vieille qui fume ! »

La vieille personne d’un certain âge en question tourne la tête vers vous d’un air courroucé. C’est vrai qu’outre souligner très élégamment son âge, le ton de Monette indique clairement un profond dégoût pour la cigarette (dégoût soigneusement inoculé par de subtiles allusions répétées de votre part et régulièrement alimenté par la crainte viscérale de Darwin d’attraper un cancer du poumon).

« Hum ma chérie » expliquez-vous sur un ton digne de la reine mère lors d’un dîner de gala, « on ne dit pas « vieille », c’est très mal élevé, on dit « personne âgée ».

Ce qui n’a guère dû plaire à la concernée, laquelle n’accuse à vue d’œil qu’une petite dizaine d’années de plus que vous (mais est nettement plus décrépie niveau rides, je vous l’accorde. Que voulez-vous, la graisse conserve une meilleure élasticité à la peau, faut bien qu’il y ait des compensations).

« D’accord », reprend Monette, « n’empêche que la dame âgée, elle fume. Je croyais que quand on devenait vieux, on devenait sage ? »

Puis, fataliste : « c’est pas vrai alors. Même les vieux, ils font des bêtises ».

Hé oui. Triste époque.

3 avril, 2008

Les vertus de l’illetrisme

Classé dans : Paroles de schtroumpfs,Tout et rien — Pétronille @ 20:06

alphabet.jpgTemps béni de la petite enfance, quand vos chérubins découvrent le monde de leurs yeux émerveillés. Les questions fusent, naïves et incongrues, parfois embarrassantes, mais vous avez toujours le loisir d’y répondre sans que personne ne puisse prétendre contester la légitimité de vos propos, si farfelus soient-ils.

Las, ce temps merveilleux s’arrête le jour où la prunelle de vos yeux maîtrise enfin l’art délicat du déchiffrage. Dire qu’il y a des inconscients, dont vous avez hélas fait partie, qui attendent ce moment avec impatience. Grave erreur. Voici ce à quoi ils s’exposent :

  • Maman, c’est quoi « sensuel » ?

  • Pourquoi la dame sur l’affiche elle dit qu’il faut manger du beurre, et toi tu n’achètes que de la margarine ?

  • Ça veut dire quoi « très azur » ? (très azur ?? trait azur ?? ah, treasure…vive l’anglicisation des panneaux publicitaires)

  • C’est quoi un film érotique ? (ne plus jamais laisser traîner le programme télé)

  • C’est quoi le seuil de pollution ? c’est quoi « alarmant » ? on va mourir ?

  • C’est pas par là !!! Pour Saint-Machin-les–cloches, le panneau dit qu’il faut tourner à gauche !!! (ça fait juste six ans que vous empruntez toutes les semaines la même route, mais vous voilà prise en flagrant délit de raccourci sauvage)

Sans compter les inévitables quotidiens et autres canards qui vont vous condamner à expliquer sans relâche ce que sont l’OTAN, la ruée vers l’or, le FMI, une erreur judiciaire, la crise tibétaine, les élections parlementaires, Ingrid Betancourt et le congrès extraordinaire (ça veut dire que c’est génial et qu’on s’y amuse bien maman ?) des lesbiennes, gays, trans et bi. Entre autres. Vous songez sérieusement à militer pour l’interdiction des manchettes de journaux.

En digne héritière de deux gènes X, votre mini-prunelle a instinctivement repéré deux mots absolument essentiels : «action» et «soldes». Qu’elle ne manque pas de pointer à votre attention avec une mine réjouie : « ça veut dire que c’est moins cher, maman ! On va acheter ? »

Chouette alors. Il ne manquait plus qu’un deuxième panier percé dans la famille.

14 mars, 2008

Sans culotte

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 19:33

coyote.jpgVous faites frénétiquement tranquillement quelques courses de fin de journée en compagnie de Monette qui arpente le magasin sur sa trottinette. Jusque là, rien d’inhabituel. C’est évidemment en arrivant à la caisse (pour une raison bien compréhensible, vos schtroumpfs aiment s’exprimer devant un public conséquent) que la tirade du jour fait son apparition :

« Le printemps », déclare Monette d’un ton docte, « c’est la saison des culottes ».

Jusqu’à preuve du contraire, vous avez toujours veillé à ce que votre progéniture porte une culotte toute l’année, ce que vous ne manquez pas de faire remarquer.

« Voui », admet Monette d’un air contrit, « en fait je ne voulais pas dire les culottes qu’on porte, mais les animaux, tu sais maman ».

Ben non justement, vous ne savez pas, génitrice ignare que vous êtes.

« Si si », insiste votre chipie parfaitement imperméable aux regards ironiques alentours, « les animaux oranges, dont le nom ressemble à culotte ».

Hum. S’agirait-il des chouettes hulottes ? D’un mulot peut-être (à l’école ils lisent justement l’histoire de Mulotte) ?

Rien de tout cela. C’est alors que la suspecte fournit ZE indice, celui qui permet de résoudre l’énigme avec la sagacité d’une Miss Marple, les rides en moins (non, vous ne vous ferez pas l’affront de vous comparer à Hercule Poirot !)

« Mais oui, les animaux oranges dans le dessin animé « Barnyard ». 

Bon sang mais c’est bien sûr : des coyotes. Qui effectivement se rassemblent et se reproduisent au printemps. Vous vous coucherez moins bête ce soir. 

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