Le Clafoutis

de Pétronille

31 mai, 2010

Joker

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 21:06

2jokers0799.jpgNon, vous n’êtes pas une joueuse invétérée. Mais vous et votre dévouement maternel vous êtes inspirés des jeux de cartes pour concocter à chaque anniversaire de la chair de votre chair des petits billets à brandir comme un joker, chacun étant par définition utilisable une seule fois, non-cumulable avec un autre dans la même journée et valable pile 12 mois.

Tout d’abord le joker pour ne pas prendre sa douche, un franc succès, généralement utilisé le même soir. Pourquoi les moins de dix ans sont-ils toujours aussi réfractaires à l’eau ?? Suivi de près par le carton « pour ne pas ranger sa chambre », lui-même talonné par son comparse « ne pas aller faire les courses ». Voilà pour le tiercé gagnant.

Suivent les petits frères : bon pour un repas au mac-chose (limitons les dégâts), ne rien faire le dimanche (ça fait du bien à tout le monde), dormir avec sa môman (histoire de passer tout de même 363 nuits tranquilles par an), regarder la télé un soir (créer l’exception pour ne pas qu’elle se répète), aller à la piscine en hiver (brrrrrr, évitons autant que possible), lire le soir jusqu’à épuisement du sujet (entendre : permettre à Monette de dormir à 23h passées…) et autres joyeusetés variant selon l’âge et le caractère du chérubin (ainsi que votre humeur du moment – de purs instants de créativité insouciante).

Cette année, vous avez été gâtée vous aussi. Il faut dire que cumuler fête des mères et anniversaire à peu près à la même période, c’est tendre la perche pour se faire battre, ce qui n’a pas manqué d’arriver. Vous avez fait des émules et avez donc eu droit à votre tiercé gagnant à vous, soigneusement dessiné et découpé de la main de Monette : joker pour qu’elle fasse la vaisselle (à la place du lave-vaisselle), joker pour qu’elle fasse la cuisine (repas entièrement sucré) et le nec plus ultra : le « joker pour quon te laisse une soirée tranquil » (sic).

C’est là, tout à coup, que vous avez réalisé la signification tragique du mot « une ».

Au secours !

9 décembre, 2008

Une question de timing

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 20:35

img0379.jpgHeureusement que le ridicule ne tue pas, car comme vous ne vous appelez pas Super Mario, vous ne possédez pas un nombre infini de vies (ce qui à votre avis est fort dommage, mais c’est là un autre débat).

Car c’est toujours sur vous que cela tombe. Vous vous laissez aller à critiquer le directeur ? Le voilà qui apparaît au tournant de l’escalier. Vous avez oublié l’heure et êtes enfermée dans la cour d’un bâtiment public avec une copine ? Alors que vous escaladez hardiment la grille pour en sortir, c’est le moment que choisit un brave homme pour actionner le mécanisme d’ouverture dans le but louable de vous aider, et vous vous retrouvez perchée à 4 mètres sur une barrière bringuebalante. Vous avez rendez-vous chez le médecin ? C’est évidemment le jour où, pressée et somnolente, vous avez enfilé des chaussettes dépareillées. Et ainsi de suite.

Ce week-end, lors d’une balade en forêt, vous avez ramassé avec vos schtroumpfs des branches de sapin, des baies et diverses décorations 100% naturelles afin de confectionner une couronne de porte (agrémentée de quelques objets récupérés complètement synthétiques, ce qui a fait râler Darwin que la couronne n’était plus entièrement biodégradable). Assez contente de votre œuvre (vous avez déjà souligné qu’artistiquement, vous connaissez vos limites et qu’il vous en faut donc peu pour être satisfaite), vous décidez de l’immortaliser et de  l’afficher sur un site web de copines bricoleuses.

Animée de la dernière énergie – celle-là même que vous mettez à nettoyer vos placards pour ne pas faire vos paiements, ou à rattraper six mois de repassage pour éviter de laver vos vitres – vous ouvrez grand la porte d’entrée à l’extérieur de laquelle est fixée la couronne, votre appareil photo allumé brandi devant vous… et tombez nez-à-nez avec votre charmant voisin de palier sur le départ. Qui s’arrête net, un brin surpris par cette apparition soudaine et l’objectif braqué droit sur lui. Un paparazzi embusqué n’aurait pas fait mieux. (Notez qu’un paparazzi digne de ce nom aurait tout de même pensé à revêtir quelque chose de décent, plutôt qu’un pantalon taché et un pull informe datant du mésozoïque supérieur.)

Vous vous sentez piquer un fard, ce qui assortit joliment votre teint aux baies ornant votre couronne de porte, et bafouillez vaguement quelque chose au sujet de photos des bricolages du week-end.

Votre voisin vous regarde d’un air à la fois narquois et soupçonneux, avant de filer sans demander son reste.

Votre réputation dans le nouvel immeuble où vous avez récemment emménagé aura tenu moins de deux mois.

7 septembre, 2008

Un si doux réveil

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 12:48

grimace.jpgVous êtes tranquillement assoupie au volant de votre petite voiture, profitant de la longueur du feu rouge pour planifier vos prochaines vacances (vous savez, dans onze mois…). Docilement conditionnée par une lueur verte devant vous, vous démarrez doucement, lorsque soudain un coup violent est frappé contre la vitre, sur votre gauche. Vous sursautez en apercevant une tête hirsute, version masque de film d’horreur, gesticuler sur ce que vous devinez être un vélo. 

Vos neurones bousculés dans leur routine matinale analysent péniblement la situation et tentent de comprendre ce que veut le clown grimaçant. Voyons. Vous êtes dans la présélection de droite, celle pour aller tout droit, avec une rangée de deux-roues sur votre droite. Et à votre gauche, la présélection, c’est celle pour tourner à gauche (pas besoin d’avoir fait polytechnique hein, étant donné la taille des flèches peintes sur le sol). Jusque là, tout va bien. Vous avancez prudemment, avec quelques soubresauts involontaires dûs aux coups de pied dans l’arrière-train de votre voiture distribués par le vélocipède fou, ce qui lui permet au passage de couper élégamment la route au véhicule situé derrière vous, tout en abreuvant la populace d’injures accompagnées d’une gestuelle très explicite. 

Cela aurait pu – et dû – en rester là, mais il était écrit que vous auriez ce jour votre lot d’émotions fortes. Le fou du vélo a donc pédalé tout son saoûl pour vous suivre dans le parking de votre entreprise, situé non loin de là. Au moment où vous vous apprêtez à vous extirper de votre siège, le voilà qui vous claque la portière sur le bras et la jambe gauches, fort heureusement dotés d’une couche de graisse capable d’amortir les choc et de n’y laisser qu’un hématome, avant de bloquer la portière en vociférant de plus belle et en menaçant de vous frapper. Par chance la vitre était remontée ou vous auriez regretté d’avoir pris une douche avant de venir.

Vous évaluez vos chances de sortir du véhicule discrètement par la fenêtre – minces, contrairement à vous, et peu digne. Finalement, sous les invectives les plus originales, que la décence vous interdit de reproduire ici, et les menaces de violence répétées, vous parvenez calmement à forcer un passage (l’énergumène a vraisemblablement mal calculé la pression d’un poids tel que le vôtre sur une portière de voiture). Vous n’arrivez toutefois pas à éviter les postillons issus des éructations continues qui animent le parking malheureusement désert (voilà ce que c’est que d’arriver en retard). 

C’est que l’animal commence à vous chauffer les sangs, à vous aussi. Vous le toisez et lui faites remarquer froidement qu’il est toujours déplacé de hurler, particulièrement quand on circule mal, qu’on coupe la route et qu’on roule sans casque. Ce discours pourtant brillant (comment ça, non ?) n’est pas particulièrement bien reçu, et les vitupérations augmentent de plus belle. « Pétaaaaaaaaaasse », hurle l’enragé écumant, « je fais ce que je veux ». « Certainement », répondez-vous prudemment tout en vous esquivant subrepticement vers la sortie en songeant qu’un casque pourrait pourtant avantageusement protéger ce qui reste d’un cerveau manifestement déjà fêlé. 

Vous n’avez toujours pas comrpis ce que vous reprochait ce fou du guidon et en êtes encore toute tourneboulée. Vous espérez tout de même avoir aidé ce pauvre homme à épuiser son quota de colère quotidien, ce qui vous donnerait au moins la consolation d’avoir fait œuvre de salubrité publique.

3 avril, 2008

Les vertus de l’illetrisme

Classé dans : Paroles de schtroumpfs,Tout et rien — Pétronille @ 20:06

alphabet.jpgTemps béni de la petite enfance, quand vos chérubins découvrent le monde de leurs yeux émerveillés. Les questions fusent, naïves et incongrues, parfois embarrassantes, mais vous avez toujours le loisir d’y répondre sans que personne ne puisse prétendre contester la légitimité de vos propos, si farfelus soient-ils.

Las, ce temps merveilleux s’arrête le jour où la prunelle de vos yeux maîtrise enfin l’art délicat du déchiffrage. Dire qu’il y a des inconscients, dont vous avez hélas fait partie, qui attendent ce moment avec impatience. Grave erreur. Voici ce à quoi ils s’exposent :

  • Maman, c’est quoi « sensuel » ?

  • Pourquoi la dame sur l’affiche elle dit qu’il faut manger du beurre, et toi tu n’achètes que de la margarine ?

  • Ça veut dire quoi « très azur » ? (très azur ?? trait azur ?? ah, treasure…vive l’anglicisation des panneaux publicitaires)

  • C’est quoi un film érotique ? (ne plus jamais laisser traîner le programme télé)

  • C’est quoi le seuil de pollution ? c’est quoi « alarmant » ? on va mourir ?

  • C’est pas par là !!! Pour Saint-Machin-les–cloches, le panneau dit qu’il faut tourner à gauche !!! (ça fait juste six ans que vous empruntez toutes les semaines la même route, mais vous voilà prise en flagrant délit de raccourci sauvage)

Sans compter les inévitables quotidiens et autres canards qui vont vous condamner à expliquer sans relâche ce que sont l’OTAN, la ruée vers l’or, le FMI, une erreur judiciaire, la crise tibétaine, les élections parlementaires, Ingrid Betancourt et le congrès extraordinaire (ça veut dire que c’est génial et qu’on s’y amuse bien maman ?) des lesbiennes, gays, trans et bi. Entre autres. Vous songez sérieusement à militer pour l’interdiction des manchettes de journaux.

En digne héritière de deux gènes X, votre mini-prunelle a instinctivement repéré deux mots absolument essentiels : «action» et «soldes». Qu’elle ne manque pas de pointer à votre attention avec une mine réjouie : « ça veut dire que c’est moins cher, maman ! On va acheter ? »

Chouette alors. Il ne manquait plus qu’un deuxième panier percé dans la famille.

18 mars, 2008

Tag queen

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 22:40

dscn0939bis.jpgC’est vous. Parfaitement. En toute modestie. Parce que le tout dernier dont on vous a gratifié, il est gratiné : 52 questions. Déjà que dix saveurs vous ont torturé les méninges, alors cinq fois plus, c’est carrément penser au-dessus de vos moyens. 

D’où l’impérieuse nécessité de trier. Et ne conserver que les questions profondément pertinentes. Petit florilège : 

1. Quel est ton prénom ? 

Alors ça, vu le titre du blog, voilà une question qu’elle est bonne. Bon, je vais vous le dire parce que c’est vous. Voilà : surtout soyez discrets, mais Pétronille ce n’est qu’un pseudo. En réalité vous vous appelez Marie-Eulalie, mais ça ne vous plaît pas trop. 

3. Le nombre de bougies sur ton dernier gâteau ? 

Cinq. Parce que votre dernier gâteau, c’est celui que vous avez confectionné pour Monette en janvier. D’ailleurs vous ne résistez pas à vous le mettre en photo, là tout en haut. 

8. Quel est le dernier film que tu aies vu au ciné ? 

Une niaiserie sans fin. Darwin a soupiré tout du long, il n’y a que Monette qui ait trouvé fantastique de découper tous les matins une nouvelle robe à froufrous dans un rideau kitsch avant de faire le ménage avec les cafards. Heureusement chez vous il n’y a que des voilages et pas de bestioles (comme vous croyez l’avoir vaguement mentionné auparavant), ce qui a tout de suite tué dans l’œuf certaines velléités peu souhaitables. 

12. Peux-tu toucher ton nez avec ta langue ? 

Ca dépend. Techniquement, si on considère que vous avez le nez qui pèle suite au dernier week-end de ski et que vous pouvez récupérer des morceaux de peau morte sur votre doigt, alors oui, vous pouvez. 

16. Ton parfum de glace préféré ? 

Parce qu’il ne faut pas perdre de vue les choses essentielles : tous. 

19. Quelle est ta voiture préférée ? 

Question de mec, réponse de mec :  les Subaru bleues, dixit Darwin. Vous concédez qu’il est plus versé dans la culture des sangsues et les formes des cristaux que dans l’esthétique automobile. 

24. De quelle couleur est ta salle de bains ? 

Alors là, tout le monde brûle sûrement de le savoir. Combien de temps allez-vous faire durer le suspense ? Ah non, ça c’était la question sur la loterie. 

38. Es-tu déjà tombé amoureuse ? 

Considérant votre âge avancé et l’existence indéniable d’une progéniture en double exemplaire, et nonobstant le désert cuisant de votre vie sentimentale actuelle, vous pensez pouvoir affirmer, sans doute possible et en toute honnêteté intellectuelle, et ceci bien que la proposition soit non démontrable scientifiquement, que oui. 

Vous avez cependant du mal à comprendre l’enchaînement avec la question suivante : 

39. Dors-tu avec un animal en peluche ? 

Si on considère qu’un spécimen d’environ 1m80 au torse relativement velu relève de l’animal en peluche, alors oui, parfois. Pas assez souvent à votre goût, hélas. 

47. Quel est ton boulot ? 

Lequel ? 

50. Que regrettes-tu ? 

Rrrrien de rrrrrien, noooon je ne regrette rrrrrien… enfin, juste votre liberté de célibataire certains jours, comme toute génitrice débordée. Mais rassurez-vous, ça passe très vite.    

P.S. Cette fois-ci, vous vous dispensez de refiler la patate chaude à d’autres blogueurs, mais si d’aventure quelqu’un se sent frustré, surtout n’hésitez pas à vous lancer ! Et allez faire un tour sur le blog des « Chiffons de Lison » qui s’est donné la peine de répondre correctement aux 52 questions… et qui réalise également de très jolies créations.

5 mars, 2008

Mémoires de palais

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 19:47

lankafood.jpgVous avez été taguée par San, véritable cordon-bleu qui met votre sens  de la gastronomie à rude épreuve, tout en vous ayant réconciliée avec une (modeste) dose de cuisine maison. Il vous incombe donc de livrer, sans réfléchir, dix associations de saveurs. Pour le grand chef du traiteur-surgelé-micro-ondes que vous êtes, voilà qui ne devrait pas poser l’ombre d’un soupçon de difficulté. Ahem. Sans réfléchir, sans réfléchir, facile à dire… San ayant déjà exploité quasi toutes les associations chocolatées, vous passez votre tour avec regret sur le chocolat. 

Quoique… chocolat – poivre rose, tu ne l’avais pas dit, hein ? Et de un. 

Savon – bois de santal (ça ne se mange pas, d’accord. Enfin vous pouvez toujours essayer, mais je ne fournis pas le bicarbonate, après. Darwin a testé quand il avait deux ans, il s’en souvient encore).

Ananas – piment (connu mais toujours bon, surtout avec les petits ananas fondants et sucrés qu’on trouve en Asie, et qu’on plonge avec délectation dans des sachets de poudre de piments à vous arracher l’œsophage jusqu’aux intestins. Miam).

Dans le même ordre d’idée il y a papaye – citron vert. Délicieux au petit déjeuner. Sauf que la papaye doit être mûre et que c’est mission impossible d’en trouver ici sur les rayons des supermarchés. 

Noix de coco – piment. Avec du maldive fish, des oignons, du citron vert et du sel, même que tout ensemble ça s’appelle pol sambol et que c’est un régal. Mais qu’est-ce que vous attendez pour émigrer définitivement ? 

Tomate – coriandre. Me dites pas que vous n’avez jamais essayé, je ne vous croirai pas. 

Bœuf – cannelle. Pourquoi avez-vous l’estomac qui gargouille ? 

Ca fait combien, là ? Ah, sept. Oui, oui, sept, le savon compte, parfaitement. Voyons… 

Chenilles – cacahuète. Ah si , ça se mange. Vous y avez témérairement goûté une fois, en Afrique. Les arachides, c’est pour la sauce, qui enrobe délicatement la chenille, croquante à l’extérieur, fondante à l’intérieur. Il y a des gens qui aiment. Vous ne pouvez pas passer à côté d’une expérience aussi… indescriptible. 

Iguane – sauce brune. Ça aussi, ça se mange. Et c’est même délicieux. Vous en avez d’ailleurs redemandé deux fois. Bon c’était avant de savoir que c’était de l’iguane, suite à un léger souci de vocabulaire, mais je vous jure qu’après, vos connaissances linguistiques se sont nettement améliorées. 

Et pour la bonne bouche : café – chocolat. Parce qu’en cuisine comme ailleurs, rien ne vaut les basiques. Et que vous le valez bien. 

Et c’est victorieuse que vous transmettez le flambeau à trois malheureuses victimes : Maman au secours, Cécile et Epistyle

11 février, 2008

Confessions

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 20:54

041202confession.gifVous avez tout récemment été « taggée » par dame Lison, qui tient manifestement à ce que vous livriez vos plus intimes secrets à la contumace. Voici donc six petits détails hautement confidentiels que vous êtes priés de ne pas divulguer plus loin, rapport à votre image déjà passablement ternie comme ça. 

Vous êtes une incorrigible pipelette (et vous n’y pouvez rien, c’est de naissance). Voilà, c’est dit. Comment ça, vous vous en doutiez ?  

Vous êtes totalement incapable de ne faire qu’une seule chose à la fois (paraît que c’est génétique). Je vous passe le très ordinaire téléphone-en-cuisinant-tout-en-donnant-le- biberon-au-petit-et-en-surveillant-les-devoirs-de-l’aînée que toute maman pratique quotidiennement. Vous êtes même habituée à lire un livre en regardant la télé et à suivre les deux sans vous tromper. Evidemment, faut éviter la combinaison Michel Onfray – Luis Buñuel, ou vous risquez de perdre la tête, mais je vous assure que mélanger Sœur Fidelma et les Experts, ça passe très bien. 

Vous êtes viscéralement imperméable à toute forme de communication verbale, non-verbale, télépathique, amoureuse ou même extra-terrestre avant d’avoir pris votre café le matin. C’est même pas la peine d’essayer pour voir, vous risqueriez de vous faire mal. Inutile de dire que ça n’a pas arrangé le climat conjugal du temps où cela existait encore sous votre toit (grosso modo au mégalithique supérieur, donc). 

Vous n’êtes jamais ressortie d’une librairie les mains vides. En revanche, vous y parvenez sans peine dans les merceries, les niches informatiques et les magasins d’accessoires automobiles. Punaise, faut que vous en parliez à votre psy, ça cache sûrement quelque chose.

Vous êtes profondément allergique à tout ce qui s’apparente à du ménage, repassage, vaisselle et tutti quanti. Et avez une reconnaissance sans bornes pour les inventeurs des lave-linge-qui-sèche-aussi, lave-vaisselle, four à micro-ondes, vêtements qui ne se repassent pas et autres merveilles modernes. Le jour où ils auront enfin mis au point le robot-esclave-qui-fait-tout-à-la-maison, votre bonheur sera total. 

Vous êtes irrécupérablement accro à toutes les formes de chocolat. Sauf le blanc, mais c’est pas du chocolat. Et croyez-moi, ça se voit. Ô rage, ô désespoir, ô tablette ennemie… 

Vous êtes aussi… ah, ça fait déjà six ? Bon, ben tant pis pour vous, alors .

P.S. comme vous n’êtes pas de nature autoritaire (mais non, puisque je vous le dis, peut-être juste un brin sadique parfois) vous n’allez pas désigner six prochaines victimes mais vous laissez l’entière liberté à qui veut de s’épancher sur son blog concernant six détails traumatisants de sa personnalité. Surtout n’oubliez pas de venir me prévenir ensuite, que je puisse rigoler un peu.

7 février, 2008

Seconde nature

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 22:17

hamac.jpgNe jamais remettre à demain ce qu’on peut faire le jour même, assénait votre grand-mère avec conviction. Et c’est dingue, mais ça marche. Il existe effectivement un tas de choses pour lesquelles ce vieil adage marche vraiment. Si, si. Les tartes au citron, par exemple. Vous n’avez absolument pas souvenir d’avoir jamais remis au lendemain la dégustation de ces délicieuses petites choses. Les siestes. Les bains moussants. Les bons bouquins. Evidemment, ça ne peut pas fonctionner aussi parfaitement pour tout, sinon ce serait trop facile. Il y a toujours quelques exceptions, oh trois fois rien, juste quelques bricoles comme les paiements mensuels, la déclaration d’impôt, les factures de médecin, le nettoyage des vitres, les démarches administratives, les coups de fil à la régie, la lessive, les talons-réponse de l’école, bref, que des choses tout à fait secondaires. Dans la vie, il faut savoir se concentrer sur l’es-sen-tiel. 

Et vous y parvenez parfaitement. Pour un peu, vous pourriez devenir grande prêtresse de la zenifiante nonchalance administrativo-ménagère (la znam. Ca sonne bien, non ?). Votre appartement est un joyeux chaos permanent, vous n’arrivez jamais à avoir des habits coordonnés propres en même temps, il manque perpétuellement quelque chose dans le frigo et vous attendez toujours la toute dernière minute pour remédier à quoi que ce soit. D’aucuns se stressent pour une ampoule grillée, une panne de télévision, une fuite sous l’évier ? Vous, vous déplacez les lampes, bricolez au plus pressé, et attendez de devoir mettre des palmes pour atteindre le frigo avant de téléphoner en catastrophe au plombier, généralement un dimanche matin. On vous persuade de vous mettre aux paiements par internet pour mieux gérer votre budget ? Excellente idée, cela vous permet en effet de retarder la fin du mois de quelques jours supplémentaires. Une porte du meuble de cuisine s’est détachée ? Bah, ça pourra bien attendre l’état des lieux (non, vous n’avez aucune indication quant à un éventuel déménagement). 

Vous pourriez donc être zen, vraiment zen. Hélas non. En réalité, tout cela vous stresse, vous pèse, vous oppresse, vous regarde dans les yeux avec un air de reproche, comme un rappel constant de vos nombreuses incompétences. 

Il paraît qu’un désoeuvré en mal de reconnaissance a inventé un mot pour ça : procrastination. Ca sonne comme une maladie, quelque part entre le délire mental et la conviction religieuse intégriste. A tout prendre, vous préférez le vice à la névrose et l’admettez sans détour : vous êtes une paresseuse. 

25 janvier, 2008

Le long brame du caribou esseulé

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 19:42

caribou.jpgMalgré le soleil, l’air est froid. Le vent vous fouette le visage. Emmitouflée dans une chaude parka en fourrure, vous glissez au milieu de la toundra enneigée, calée sur un traîneau tiré par des chiens sous la conduite experte d’un guide. Une meute de loups passe devant vous en courant, fouettant la poudreuse, instant magique. Puis vous apercevez la tête d’un caribou émergeant derrière un bouleau. L’animal émet un long brame rauque et plaintif. 

« Il se sent seul et appelle ses copains » explique votre guide inuit. 

Une sensation d’engourdissement sur le côté droit vous oblige à vous retourner. Vous relevez le nez de l’oreiller et mi-terrorisée mi-ébahie, vous réalisez que le brame en question, qui est loin d’être terminé, émane en fait du lit voisin du vôtre dans la chambre d’hôtel que vous partagez avec une copine, en plein coeur de Lisbonne. 

Profondément plongée dans un sommeil béat agrémenté de ronflements et autres grognements en tous genres, la copine n’émergera pas, pas même pour partager le fou rire inextinguible qui vous gagne.

PS merci à la copine, qui se reconnaîtra, d’avoir donné son aval à la mise en ligne cette anecdote qui ne la révèle pas sous son jour le plus flatteur…

21 janvier, 2008

La porte à côté

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 21:13

porte.jpgLa vie de maman comporte de nombreuses touches sur la télécommande, la plupart fonctionnant en simultané, mais le bouton pause n’est hélas pas toujours programmé. Vous avez fermement décidé de remédier à ce grave manquement et avez organisé un long week-end sans fauves en compagnie d’une amie, dans la capitale lusitanienne que vous ne connaissiez pas et dont on vous avait dit plus grand bien. Hélas, personne n’avait pris la peine de vous mettre en garde contre la cuisine locale, ce qui vous a valu des débuts assez….euh, disons, délicats. Etant donné votre peu d’affinités avec la cuisine portugaise, vous décidez que ce soir, c’est pasta et basta. Ca tombe bien, votre guide de poche indique justement un petit resto italien bien coté et pas trop loin. 

Le Graal est évidemment situé tout en haut de la rue, alors que vos pieds sont en compote d’avoir usé les pavés lisboètes toute la journée. Lorsque, haletantes, vous parvenez au sommet de la colline, c’est pour vous entendre dire qu’il n’y aura une table disponible que dans 40 minutes. 

Qu’à cela ne tienne, un apéritif s’impose, peut-être agrémenté d’une petite conversation avec quelques autochtones bien choisis. Mais voilà, les terrasses (voui voui, le thermomètre affiche un 17 degrés très clément pour la saison), les terrasses donc sont stratégiquement situées tout en bas de la rue. Un regard échangé avec votre complice dans l’indignité maternelle et c’est décidé : pas question. Vous dénichez donc un petit bar dans une ruelle adjacente et vous affalez sur un sofa blanc cousu de boutons oranges sans trop prêter attention aux détails. 

Un mojito plus tard, vous vous avisez que le décor du bar est un brin étrange. Sur la photo murale devant vous, deux femmes en sous-vêtements s’embrassent à pleine bouche. Dans votre dos, une Noire aux seins nus envoie des baisers on ne sait trop où. Les photos affichées sur les autres murs sont du même acabit. 

Hum. Vous faites mentalement le tour du bar, qui ne compte, au final, que trois hommes. Le premier constitue la moitié d’un couple hétéro manifestement aussi égaré que vous (que vous retrouvez d’ailleurs plus tard au restaurant) ; le second arbore un look bizarre et semble à tu et à toi avec les deux tenancières. Quant au troisième, à y regarder de plus près, c’est une femme.   

Autant pour votre étude sociologique de proximité de la population lisboète masculine. Vous avalez le restant de vos cocktails en vous félicitant de ne pas voyager seule et vous vous hâtez de rejoindre le restaurant, les pavés aidant à contrebalancer l’effet de roulis du mojito bu trop vite. Au moins cela en valait la peine : un délicieux carpaccio de saumon, des fettucine ai porcini et un tiramisù divin plus tard, vous n’avez plus qu’à vous laisser rouler en bas de la rue pour retrouver votre lit. 

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