Le Clafoutis

de Pétronille

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23 décembre, 2008

Joyeux Noël

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies — Pétronille @ 23:21

papierwc.bmpVous êtes frénétiquement lancée dans les derniers préparatifs et jonglez avec virtuosité entre les achats de dernière minute, les finitions du dessert pour le repas familial, l’emballage des cadeaux, la partie de cache-cache afin de soustraire certains paquets à la curiosité insatiable de votre progéniture, un (très léger) soupçon de nettoyage, moult tentatives inefficaces pour juguler l’excitation incontrôlable de vos schtroumpfs et la confection de muffins pour le petit déjeuner, sans parler du repas. Rien que du très normal, donc.

Soudain, un cri perçant vous déchire les tympans et un Darwin traumatisé surgit de la salle de bains.

Réprimant une furieuse envie de sauter du balcon et d’aller passer Noël sur une île déserte, vous prenez votre courage d’une des mains qu’il vous reste et vous traînez vers le lieu du crime. Votre petite prunelle a trouvé amusant de dévider la quasi-totalité d’un rouleau de papier wc dans la cuvette, obstruant l’écoulement de l’eau.

Votre patience légèrement émoussée, vous grondez la coupable et lui expliquez le plus calmement possible (c’est-à-dire pas calmement du tout) qu’en cas de problème digestif majeur, ce qui semble être le cas ce soir (chouette, manquait plus que ça), on procède par petite étapes successives et on évacue au fur et à mesure, même si c’est pas écologique.

« Comme ça ? » demande Monette, joignant le geste à la parole.

Horreur. Un tsunami de couleur douteuse se répand sur le sol de la salle de bains. Vous poussez un cri primal de frustration et allez chercher de quoi nettoyer. Bien évidemment, vous manquez de produits destinés à déboucher les toilettes et ne pouvez que vous féliciter que votre appartement comporte deux lieux d’aisance en attendant de profiter d’un bon bain de foule pour acheter le nécessaire demain.

Vivement le printemps.

20 août, 2008

La mer à boire

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies — Pétronille @ 8:12

cocktails.jpgVous êtes en vacances. Soleil, mer et inertie intensive font désormais partie de votre bienheureux quotidien. De même que les soirées spectacle du club dans lequel vous étalez votre graisse, point d’orgue de la journée pour votre progéniture qui montre très précocement des  talents innés pour la débauche nocturne. Ce soir, un buffet de cocktails est offert à l’issue de la représentation ; des breuvages pour enfant sont indiqués à un bout de la table, dans de jolis verres ronds, tandis que les nectars alcoolisés sont distribués à l’autre bout, dans des verres plus hauts. Le soleil vous ayant quelque peu ramolli les neurones, vous commettez l’imprudence de laisser vos schtroumpfs chercher seuls leurs boissons dans la foule compacte qui se presse comme à l’ouverture des soldes (et dieu sait que vous souhaitez éviter ça pendant vos vacances).

Horreur, vous voyez Monette émerger de la foule d’estivants assoiffés en avalant goulûment un cocktail à la paille, dans un verre dont la forme révèle clairement une teneur alcoolisée.

Malgré votre vélocité – c’est que vous n’avez encore rien bu, vous – vous arrivez trop tard pour empêcher votre chipie de terminer son verre. Inquiète, vous lui faites aussitôt absorber quantité d’eau plate espérant ainsi diluer l’effet de ce que vous espérez ardemment n’être que de la cédratine ou du muscat. Vous passez Monette au laser de votre regard d’aigle dans l’angoisse d’une réaction, mais mis à part un ventre maintenant noyé de liquide, des yeux brillants et une tendance à rire un peu plus fort que d’habitude, rien d’alarmant ne se produit.

« Je veux aller à la beach party ! » s’époumone votre saoûlarde qui a manifestement l’alcool festif.

Ben voyons. Hors de question, tranchez-vous, en notant l’heure quasiment matinale sur votre montre avant de traîner un Darwin épuisé et une Monette sautillante et papotante jusqu’au bungalow. Là enfin, votre fêtarde s’écroule sur le lit, les bras en croix, et se met aussitôt à ronfler bruyamment. Un vrai cliché.

Le lendemain, la demoiselle s’éveille avec un gémissement :

« Maman, j’ai mal à la têêêêêêête… »

Au petit-déjeuner, quelques personnes viennent s’enquérir de la santé de Monette, et votre merveilleuse descendance peut ainsi expliquer haut et fort à tout le personnel et aux rares clients qui n’étaient pas encore au courant que sa maman lui a donné des médicaments contre le mal de tête dû à l’alcool. Vous êtes définitivement grillée dans cet établissement.

De retour chez vous, vous pensez l’incident clos. C’est mal connaître votre fille. Invitée au restaurant pour un anniversaire familial, Monette explique très sérieusement au serveur qu’il peut lui servir de l’alcool à elle aussi, « parce que j’ai l’habitude, et puis j’aime bien ça ».

Il ne vous reste plus qu’à vous terrer chez vous en espérant éviter un débarquement intempestif des services de protection de l’enfance.

5 juillet, 2008

Théâtre off

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies — Pétronille @ 21:00

blancheneige.jpgAujourd’hui, c’est congé, il fait beau, et votre marmaille a décidé de faire profiter les flâneurs de ses talents de comédiens. Sur la place du village, juste en face d’une terrasse bondée et du marché, vous avez l’ineffable bonheur d’assister en direct à une représentation inédite de Blanche-Neige, revisitée de concert par Monette,  Petit Garçon, Petite Bébée et une quatrième mousquetaire joliment prénommée Neixa.

« Hin hin », ricane Monette avec un air machiavélique, «  prends donc cette belle pomme rouge ma jolie » (une belle pomme, en effet, déjà largement entamée par des petites dents; manifestement l’accessoiriste n’est pas très regardant sur le matériel).

Neixa prend la pomme, mord à pleines dents et s’écroule dramatiquement sur le sol avec sa robe rose en poussant des râles d’agonie, tout en mastiquant consciencieusement.

« Bon », décide Monette, « il faut un prince charmant maintenant. Darwin, embrasse Neixa ».

Darwin observe la scène d’un air dégoûté et refuse tout net.

« Alors je vais le faire » soupire votre actrice-metteuse-en-scène-accessoiriste en s’exécutant pour les besoins du scénario, tandis que Petit Garçon, ne voulant soudain pas être en reste, réclame avec véhémence la place de prince charmant qui lui revient.

« A toi », ordonne la princesse réveillée à Darwin. « On va dire que tu serais Blanc-Nain » (logique, Darwin mesurant au bas mot une à deux têtes de plus que les autres acteurs).

Bon prince, Darwin engloutit un bon tiers de ce qui reste de la pomme et se couche nonchalamment sur un banc. Il est aussitôt assailli par trois soupirantes qui se précipitent pour le tirer de son sommeil éternel à coups de gros bisous mouillés.

S’ensuivent la sortie de scène de Petite Bébée, outrée par cette concurrence déloyale, et la fuite du prince qui vient d’opter pour un célibat à vie en s’essuyant les joues.

La pièce atteint inéluctablement son point de chute avec le départ contraint de l’une des deux actrices restantes (les initiatives maternelles, c’est connu, tombent toujours au mauvais moment).

Après ce franc succès, le festival d’Avignon n’a plus qu’à bien se tenir.

1 mai, 2008

Pile ou face

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies — Pétronille @ 21:18

vache.jpgScénario numéro un : Monette invite une copine pour jouer. Elles commencent par se déguiser, puis dans la foulée inventent une pièce de théâtre inédite qui se joue dans le noir avec des lampes de poche et que vous êtes gracieusement invitée à visionner trois fois de suite en avant-première. Ensuite elles sortent le matériel de bricolage et confectionnent des cartes pour leurs copines à grands renforts de tampons, fleurs autocollantes, ciseaux diversement crantés, colle et stylos feutres. Plus quelques œuvres originales destinées à orner les murs de leur futur appartement commun, quand elles seront grandes. Elles poussent la bonne éducation jusqu’à ranger le matériel (ça, c’est grâce à la copine, parce que Monette a une sainte horreur du rangement, elle en ferait presque des poussées d’eczéma) avant de s’installer tranquillement à table pour le goûter. Tout en grignotant leur pomme-popcorn-sirop, elles se racontent des secrets et gloussent dans le plus pur style chipiesque, décrivant avec force détails comment ce sera quand elle partageront leur maison, avec des chevaux, des copines, de la musique, des spaghettis à volonté et pas de maman pour jouer les mégères mono-obsessionnelles.

Vous, pendant ce temps, vous pliez tranquillement votre lessive avant de vous caler dans le canapé avec un coussin et un café histoire de savourer la sérénité de cette ambiance paradisiaque avec un bon bouquin.

Scénario numéro deux : Darwin invite un copain. Le premier quart d’heure constitue un modèle du genre. C’est ensuite que ça se gâte, au moment précis où vous entendez un grand bruit sourd, suivi d’un « aïe » et de cris. Vous vous traînez accourez sur le lieu du drame pour découvrir sans trop de surprises que le jeu qui consistait à sauter du lit superposé sur la planche à roulettes a mal tourné. Heureusement, en génitrice prévoyante, vous avez à portée de mains arnica, crème et pansements en tous genres. Vous suggérez aux deux piles à combustion de se trouver une occupation plus calme.

Vous avez à peine le temps de vous faire un café qu’on vous appelle à la rescousse : le ballon de foot a par inadvertance décroché le plafonnier. Comme ça, tout seul, de sa propre initiative. Il peut s’estimer heureux qu’il ne lui ait pas pris l’envie de s’attaquer aux vitres ou vous l’auriez dégonflé aussi sec. Vous allez chercher l’escabeau et votre trousse à outils, prenez la précaution de couper le courant et faites une brillante démonstration de vos talents conjugués d’électricienne et d’équilibriste, démonstration suivie avec beaucoup d’attention par les deux loustics (tombera ? tombera pas ?).

Remise de vos émotions, vous suggérez une trêve et un goûter. Les fauves engloutissent un paquet de biscuits avec forces miettes en 2 secondes 3 dixièmes avant de filer ventre à terre dans leur antre. Vous contemplez pensivement la pluie qui frappe le sol de la cour en bas de chez vous et n’hésitez qu’un millième de seconde avant de suggérer innocemment que le ballon a lui aussi besoin de prendre l’air.

Juste après les avoir expédiés dehors en bottes et cirés, vous constatez avec un certain désarroi que la chambre ressemble maintenant à une scène de l’ère jurassique, des dinosaures éparpillés un peu partout et une fine couche de sable recouvrant le tapis. Remontant la piste sablonneuse, vous vous apercevez que cela provient du kit « dig-a-dino » que les paléontologues en herbe ont copieusement pioché, tailladé, épousseté, etc. à même le sol. Vous n’avez plus qu’à passer un coup d’aspirateur pendant qu’ils sont loin.

Vous récupérez ensuite deux enfants trempés jusqu’aux os avec l’espoir que cette petite virée les aura calmés. Effectivement, ils décident de s’étendre sagement sur le lit avec des magazines. Mais bien vite le besoin d’action se fait sentir, et lors d’une séance de gym un peu musclée quatre petits (enfin, petits…) pieds réussissent victorieusement à décrocher deux lattes du lit.

Vous finissez tous la journée dans un état d’énervement frisant l’hystérie et faites asseoir tout ce monde sur le canapé dans une posture jambes et mains croisées supposée apporter détente, relaxation et apaisement des nerfs surmenés, en vous demandant tout de même si un valium ne serait pas plus efficace.

30 mars, 2008

C’est Samson qu’on assassine

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies — Pétronille @ 21:09

hairdresser.jpgCorvée de fin de vacances. Vous refusez catégoriquement de renvoyer Darwin à l’école avec une coupe de cheveux se situant quelque part entre les dreadlocks rasta et les Jackson five. Pour la 12’718e fois, vous tentez d’expliquer à votre loustic qu’avec sa tignasse crépue et indisciplinée, les cheveux longs, ça ne va pas le faire. Ou alors ça fera musée des horreurs et renvoi immédiat du cours de natation (dans lequel vous avez cru comprendre qu’en plus d’être totalement inintelligible dans ses instructions, l’ancienne nageuse russe recyclée en entraîneuse n’a pas l’air d’être commode-commode). 

Bravement munie d’une tondeuse de coiffeur, vous négociez âprement la coupe, entre deux sanglots à fendre l’âme. Puis vous essayez de la réaliser le plus lestement possible compte tenu de votre dextérité et de la coopération du schtroumpf, toutes deux fort mitigées. Ceci sous le regard compatissant de Monette, dont l’empathie naturelle est néanmoins entachée d’un soupçon de plaisir vengeur. Vous l’avez en effet rarement vue proposer spontanément de vous aider à ramasser les cheveux par terre, et la surprenez à glisser des regards aussi furtifs que narquois à son frère qui alterne soupirs et cris de douleur dans un grand moment d’anthologie d’art dramatique (c’est que môssieur a le cuir chevelu particulièrement sensible, ou alors vous seriez-vous trompée d’engin et pris la scie sauteuse à la place du rasoir ?) 

L’égorgement du cochon terminé, votre schtroumpf se contemple longuement dans le miroir en admettant que oui, finalement, c’est pas mal. Le mot de la fin revient à Monette qui donne son approbation à contrecoeur en regrettant « qu’au fond, avec cette coupe, il ait l’air d’un mec ». 

17 janvier, 2008

L’homme-qui-ne-sourit-pas

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies — Pétronille @ 18:35

bowcurtsey.gifC’est la dernière trouvaille de Darwin, qui traverse manifestement une période historico-romantique. Pas de ne plus utiliser ses muscles zygomatiques, non, mais de regarder avec vous les six épisodes de la version BBC du célèbre roman « Orgueil et préjugés », rebaptisée fort à-propos l’homme-qui-ne-sourit-pas.  

 A tout prendre, vous préférez nettement Jane Austen à Spiderman, et vous cédez donc à la demande à raison d’un épisode par soir en période de week-end, ce qui étale tout de même la série sur trois semaines. 

Votre princesse à vous est surtout sensible aux belles robes et aux bals, et déplore l’aspect pratique et sans fanfreluches de la mode actuelle. Darwin se montre en revanche très intéressé par la manière déférente dont les messieurs s’adressent aux ladies. C’est ainsi que ce même soir, vous avez droit à un cours d’expression bienséante : 

« Il serait de bon ton que tu penses à tirer la chasse d’eau quand tu vas aux toilettes », enjoint Darwin à sa sœur d’un ton digne. Puis, au moment de se mettre à table  : « Me ferais-tu l’honneur de t’asseoir à côté de moi ? » 

La soirée se déroule ensuite dans une ambiance guindée qui commence vraiment à vous porter sur les nerfs, surtout quand Darwin tient à s’incliner brièvement avant de vous poser une question qui, elle, aurait été parfaitement déplacée au XIXe (du genre comment trouver sur internet le tableau périodique des éléments chimiques histoire de vérifier que le Krypton existe bien ou que vous expliquiez le processus d’oxydation du fer).   

Heureusement, les provocations répétées d’une Monette aussi exaspérée que vous atteignent rapidement leur but et Darwin troque en un temps record son dandysme laconique à la Colin Firth pour une imitation très réussie du tyrannosaure affamé dans Jurassic Parc. Chassez le naturel… 

27 décembre, 2007

Plus dans la course

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies,Et en plus, elle râle — Pétronille @ 10:51

musique.jpgVous l’avez rarement autant senti qu’en ces moments où vos fauves s’enthousiament pour telle ou telle chanson qui, franchement, vous laisse de marbre (pour ne pas dire plus). Décidément vous n’êtes plus dans la course, totalement dépassée. Enfin, la plupart du temps.

Un de vos collègue a eu il y a quelques mois la brillante idée d’offrir à Darwin un CD de Diam’s. Vos schtroumpfs en sont ravis, vous moins. Outre le fait que vous appréciez assez peu le vocabulaire châtié de la dame, entendre votre fils beugler, sur une plage bondée en plein été « Assieds-toi faut qu’j’te paaaaaarle, mon mec se tape une autre feeeeeeemmmmme » est une expérience dont vous vous seriez volontiers passée. 

Le CD une fois malencontreusement égaré (oui, c’est dommage, mais im-pos-si-ble de vous rappeler où vous avez bien pu le ranger), vous avez eu droit à un tout autre genre. Darwin et sa classe étant allés à l’opéra écouter « Petrouchka » (enfin, des extraits) et ayant ramené un enregistrement du concert, vous baignez dans du Stravinsky à plein tube durant six bonnes semaines, choix largement plébiscité par Monette qui peut pour l’occasion enfiler un tutu rose et prétendre danser sur les pointes. 

Le répertoire classique fut malheureusement ensuite sacrifié sur l’autel de la mode et le micro cédé à Lorie, ce qui permet à Monette de chanter à toute heure du jour ou de la nuit (surtout de la nuit) des ritournelles pas trop compliquées. Mais le dernier coup de cœur des schtroumpfs est d’un style plus sirupeux : Céline Dion. Que votre cœur d’artichaut de fils s’emballe pour de la musique guimauve ne vous étonne pas outre mesure. Vous-même y avez bien succombé il y a fort fort longtemps, et il vous reste justement un vieux CD. Mauvaise idée, car dame Céline résonne maintenant de tous ses poumons dans vos oreilles saturées. A tout prendre, vous préfériez franchement leur période Henri Dès.

Là, ils réclament un CD de hip-hop que le Père Noël aurait oublié de déposer dans les bottes (le brave homme). Ouf, sauvée : une année entière de répit pour vos oreilles, et la probabilité assez élevée qu’ils changent d’avis d’ici décembre prochain. 

11 décembre, 2007

Qui a peur du grand méchant loup ?

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies,Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 15:18

perenoel6.bmpDécembre est chez vous un mois d’âpres discussions et d’intenses négociations. Un mois dédié à l’opposition des volontés, bien loin du message de paix voulu par la tradition chrétienne. Si d’aucuns savent se montrer sages au moins in extremis, ce ne sont en tous cas pas les vôtres, rebelles à toute forme de chantage aux cadeaux. Et manque de chance, vous avez engendré deux experts en argumentation et débusquage des contradictions. 

Votre surnom du mois a donc été voté à l’unanimité (moins une voix, la vôtre) : « méchante maman ». Effectivement, qu’attendent donc les services sociaux pour intervenir, je vous le demande, face à cette mère indigne qui ose refuser un festin de chocolat à 21h, se fâche quand Monette crayonne les murs, punit quand Darwin est insolent ou force ces pauvres agneaux à ranger le capharnaüm de leur placard sous l’escalier chambre. A croire que le sadisme constitue votre seconde nature. 

Pour couronner le tout, voilà deux jours que vous enfermez ces enfants martyrs à la maison, sans contact aucun avec le monde extérieur. Hier, vous avez passé une journée somme toute plutôt reposante, puisque vous avez littéralement drogué ces innocents chérubins qui, sonnés par le paracétamol, sont allés cuver leurs 40° de température avec une bonne sieste tout l’après-midi. Aaaaaaaaaaaaaaah. Mais aujourd’hui, c’est plus sportif : la fièvre marque un léger recul et les velléités d’évasion des prisonniers s’accentuent. Vos deux syndicalistes réclament donc de pouvoir défiler ce soir, lors du cortège déguisé, sous la pluie, armés de flambeaux. Ce qu’en infirmière-chef accomplie vous avez évidemment refusé au nom du sacro-saint thermomètre, qui s’obstine à n’afficher qu’une baisse d’un tout petit degré. Méchant thermomètre. Méchante maman. 

Certains craindraient, en dépassant la dose permise, une sanction du Père Noël ; pas les vôtres. Il y a quelques semaines, vous avez négocié de main experte la demande de chaussures à roulettes réclamées à grands cris et dont vous avez convenu, lors d’un entretien secret, personnel et exclusif avec les elfes du Père Noël, qu’elles seraient déposées dans les petits souliers à condition de se comporter convenablement. Après deux semaines de valse endiablée des polochons, batailles de poupées et autres tarzaneries heureusement sans dommages physiques, le soir après l’heure du coucher, de désobéissance civile répétée et de répliques insolentes à tout bout de champ, les forces de l’ordre ont sévi : pas de chaussures à roulettes cette année. Punition qui ne semble hélas avoir eu aucun effet sur vos schtroumpfs à ressort, qui arguent avec un certain à-propos que si certains petits camarades – que vous vous êtes une fois ou l’autre laissée allée à qualifier de « petit mal élevé » – qui accumulent les bêtises toute l’année, ont droit à des cadeaux, y’a pas de raison que le vieil homme à barbe blanche fasse l’impasse sur leurs chaussettes. Ou c’est que le système est pourri jusqu’à l’os. 

Monette résume le fond de sa pensée : « c’est quand les enfants ne croient plus au Père Noël que les parents sont obligés de faire des cadeaux pour le remplacer. Mais tant qu’on y croit, c’est lui qui les dépose au pied du sapin. Et moi j’y crois, donc, c’est pas toi (Maman, ndlr) qui décide ». 

Comme c’est pratique. Verdict dans exactement 14 jours

27 novembre, 2007

Un dimanche comme on les aime

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies,Et en plus, elle râle — Pétronille @ 17:56

dimanche.bmpDimanche dernier, vous avez pris votre courage à deux mains, fait taire votre procrastination de la troisième (oui, Shiva, c’est votre second prénom) et avez expliqué aux schtroumpfs l’impérieuse nécessité de faire de la place dans le bazar qui leur sert de chambre s’ils comptent y ajouter deux-trois bricoles que le père Noël, dans sa grande mansuétude, pourrait éventuellement envisager de leur offrir si vos nerfs ne craquent pas d’ici un mois. 

C’est ainsi que vous vous attelez au tri, rangement et écrémage systématique des divers coins à désordre, avec une aide essentiellement morale de Monette et un peu plus concrète de Darwin, sans doute plus enclin à envisager les conséquences fâcheuses de son inertie sur le budget de fin d’année. Vous vous munissez d’un sac poubelle de 60 litres, que vous arrivez sans mal à remplir sous les hurlements de protestations devant l’injustice flagrante que constitue le fait de jeter un puzzle de 12 pièces auquel il en manque 2, un vieux lézard en peluche glâné dans un happy meal en 2005 ou de donner des plots premier âge que vos schtroumpfs n’ont même jamais regardés. 

Vous frisez déjà la perforation de tympans lorsqu’un bruit sourd vous fait sursauter : c’est Darwin qui répand copieusement le contenu de son estomac sur le sol. Vous devez admettre qu’il n’est pas passé loin, le sac poubelle était à moins de 5 centimètres, il s’en est fallu d’un cheveu. Mais non. Vous abandonnez donc les piles de livres à leur sort et mettez à laver Darwin et les habits – séparément, tout de même – avant de nettoyer la chambre. Un vrai bonheur. 

L’odeur et la preuve du délit à peine escamotés, un son strident vous parvient des toilettes : 

« Mamaaaaaaaaaaaaaaaan, j’ai un gros problèèèèèèèèèèèèèèèèèème » 

Vous craignez le pire, et vous êtes manifestement en-dessous de la vérité. De bleu clair, le carrelage des toilettes a carrément viré au brun. Voulant bravement nettoyer la chose elle-même, Monette a cherché dans l’armoire, qu’elle a donc copieusement décorée aussi. Mmmmmmm, on en redemande. Notez, ça tombe bien, vous avez justement une baignoire en cours d’utilisation, il y reste une place au fond à droite. Quant à vous, re-belote pour la corvée de nettoyage, et vous n’avez de loin pas terminé de ranger… 

Bilan : huit heures de tri-rangement-nettoyages divers, une chambre d’enfants jolie et bien rangée (au moins !), 3×60 litres de débarras final, un tapis wc irrécupérable, une pile supplémentaire de lessive, une gastro et et deux angines à streptocoques. Pas mal pour un seul jour. 

28 octobre, 2007

Quand c’est fait maison, c’est meilleur

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies — Pétronille @ 20:46

chaussure.bmpAujourd’hui, on va parler cuisine bricolage. Plus exactement de la fabrication des chaussures vernies, réclamées à grand cris par votre schtroumpfette et dédaignées par votre aîné pour qui « ça fait fille ». Hé bien je vous livre en primeur une recette de do-it-yourself chaussures vernies, tellement simple que même moi qui suis née avec vingt doigts de pied ou vos petits chérubins encore un brin patauds peuvent s’y mettre sans peine. 

Pour commencer il vous faut : une paire de chaussures, de préférences neuves ou très peu portées, style imitation daim ou cuir, et dont vous venez de mentionner qu’elles auraient bien besoin d’un petit coup d’imperméabilisant. Un volontaire assez âgé pour avoir envie de bien faire et d’aider sa maman occupée à laver les cheveux de sa sœur. Trois bombes aérosol, l’une d’imperméabilisant, l’autre de peinture verte et la troisième de vernis en spray pour bricolage, toutes trois stratégiquement disposées côte-à-côte en haut d’une armoire que vous n’arrivez à atteindre que sur l’extrême pointe des pieds. Ah, et aussi une chaise. 

Réunissez tous les ingrédients dans une seule pièce et laissez mariner 10 minutes, le temps qu’il se dégage une subtile odeur assez insistante pour chatouiller vos narines enivrées de shampoing et de gel douche à la rose. 

Précipitez-vous vers l’origine de l’odeur en prenant bien garde de ne pas trébucher sur la chaise maintenant située devant l’armoire ouverte, et admirez le résultat. Deux chaussures superbement brillantes, poisseuses, collantes à souhait, les lanières velcro engluées de vernis dégoulinant. Hé oui, la bombe d’imperméabilisant, c’était l’autre. 

Pour parachever l’œuvre, et pendant que vous consolez un Darwin furieux et éploré, laissez à votre fille fraîchement lavée le soin d’ajouter aux chaussures de petites décorations, fleurs, chevaux, étoiles et consorts, artistiquement découpées dans du papier cartonné, le vernis faisant office d’adhésif tant sur le support que sur les doigts.   

Servez frais et accompagné d’un bon fou rire. A porter avec une tenue de soirée, ce sera du dernier chic. 

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