Le Clafoutis

de Pétronille

16 avril, 2009

Vision d’avenir

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 19:53

queuingup.jpgIl est minuit, le sommeil vous gagne. Vous vous arrachez péniblement au canapé, vous traînez dans la douche puis rampez jusqu’à votre lit. Aaaah. Vous êtes prête à plonger pieds joints dans un sommeil béat lorsque vous sentez deux petits pieds froids contre votre jambe. C’est Monette qui, trouvant le temps long, a déménagé avec son duvet, son nounours, ses livres et ses poupées. Tout ce petit monde est donc confortablement installé dans VOTRE lit. 

Vous rassemblez encore quelque énergie afin de protester contre cette invasion barbare et obtenez de haute lutte que les poupées dorment par terre – tortionnaire que vous êtes. Vous pensez avoir enfin mérité un dodo réparateur, en souhaitez autant à votre puce et vous tournez sur le côté. Hélas, vous n’êtes pas au bout de vos peines, car une petite voix flûtée perce l’obscurité :

« Tu sais, maman, j’ai beaucoup réfléchi ».

« C’est bien », marmonnez-vous pour la forme avant de plonger la tête sous l’oreiller.

« Quand je me marierai, moi, je ne choisirai pas n’importe qui ».

Vous résistez à l’envie de commenter le sous-entendu. D’ailleurs, point besoin de répondant, votre chipie est lancée.

« Non, moi, je prendrai mes maris (vous notez le pluriel au passage), à l’essai. D’abord. Je veux voir s’ils sont gentils avant de les épouser. Par exemple, ils doivent m’aider à faire la cuisine, la vaisselle, les courses, la lessive et le ménage. Et me laisser tranquille quand je lis, quand je prends mon café, mon bain, ou quand je regarde le journal télévisé. »

Pause. « Et s’ils ne font pas tout ça, je leur dirai : hors de ma maison ! Et j’essaierai avec le suivant ».

Encouragez-vous : il vous reste à peine quelques années de sommeil tranquille avant de voir poindre cette longue file de soupirants.

9 avril, 2009

Ma théologie à moi

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 21:26

angeldevil4.jpgVous avez préparé de quoi sustenter vos deux gloutons sur pieds, et les voilà installés à table pendant que vous, vous repeignez vos chaises sur le balcon (mère-indigne-qui-sacrifie-le-sacro-saint-repas-en-famille-à-des-activités-douteuses-parsemées-de-taches-vert-pomme) tout en tendant l’oreille. Mais ce soir, foin de chicaneries, l’ambiance est au débat.

« Tu vois », explique doctement Monette, « le sens d’un doigt d’honneur, c’est important. Parce que pointé vers le haut, tu insultes Dieu. C’est comme si tu lui lançais tous les gros mots que tu connais. »

Haussement d’épaules et sourire ironique de Darwin. Il faut dire qu’en matière de religion, il ne craint personne, ayant décrété qu’il ne croyait pas en Dieu et qu’il fallait être fou pour penser que l’univers était issu d’autre chose que du big bang. Et en matière de doigt d’honneur… hum, passons.

« En revanche », poursuit Monette, « si tu le pointes vers le bas, c’est tout autre chose. Tu insultes le diable. Et le diable, tu as le droit de l’insulter, parce qu’il est là pour ça, pour jouer le rôle du méchant. C’est pour ça que personne ne te gronde jamais si tu fais un doigt d’honneur pointé vers le bas. »

Cqfd. Au fond, votre chipie a raison quand elle vous affirme ne pas avoir besoin de cours de catéchisme.

6 avril, 2009

Montée de sève

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 20:41

springtree.jpgLe printemps s’est fait désirer, mais il est enfin là. Il rend votre schtroumpf tout gaillard, ce qui se traduit notamment par de subites velléités de vous dénicher l’âme soeur. Cela commence lorsqu’à leur retour de week-end chez leur père, vous apprenez à vos chérubins qu’en leur absence vous avez frôlé la mort et héroïquement survécu contre vents et marées à un dramatique carambolage qui a légèrement froissé la tôle de votre pare-choc arrière.

 « Y’a eu la police ? », demande aussitôt Darwin aux aguets.  

« Oui », admettez-vous prudemment.

« Ils étaient combien ? » poursuit Darwin, manifestement sur une piste.      

« Euh… trois ».

« Ah », fait Darwin, satisfait. «  Et sur les trois, il n’y en avait pas un qui te plaisait ? »  

« Ils étaient tout à fait charmants », concédez-vous diplomatiquement, «mais un peu jeunes, tu vois ? »

Apparemment, il voit. Mais votre entremetteur ne s’avoue pas vaincu pour autant, et reprend le sujet avec ténacité le lendemain soir.

« Dans ton travail », s’enquiert-il d’un air faussement détaché, « qui gagne le plus d’argent ? »           

Après quelques secondes de réflexion, vous misez sur le directeur général.

« Il travaille beaucoup alors ? »       

Beaucoup.

« Et il est marié ? »      

Très marié.

« Et sa femme, elle est comment ? »  

Joker. Vous n’en avez aucune idée, ne l’ayant jamais vue.

« Parce que si elle est pas terrible, » poursuit le schtroumpf implacable, « tu pourrais peut-être tenter ta chance. Tu sais, le draguer un peu, tout ça. »

Carrrrramba. Votre avenir s’annonce plutôt sombre si du haut de ses huit ans, votre progéniture ne vous reconnaît manifestement pas plus de charme que de moralité.

 

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