Le Clafoutis

de Pétronille

21 mai, 2008

Cervelle burger

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 20:08

mmepq.jpgQuestion du jour de Monette qui, comme vous croyez l’avoir déjà relevé, aime verbaliser ses interrogations existentielles devant un public choisi, soit, ce soir, la file d’attente du fast-food :

« Maman, Einstein, c’était qui exactement ? »

Vous expliquez qu’il s’agissait d’un physicien, un savant, qui essayait de découvrir comment fonctionnait le monde et la matière.

« Il était intelligent alors ? et il a inventé quoi ? »

Vous tentez tant bien que mal de mettre des mots simples sur quelque chose que vous-même ne maîtrisez pas très bien, ce qui a évidemment le don de rendre l’explication encore plus nébuleuse.

« Ouais », ajoute Darwin sarcastique, « et c’est aussi l’inventeur du string. »

Sur ce trait d’humour particulièrement fin, Monette se croit tenue d’expliquer très sérieusement au serveur du fastfood ahuri :

«  Tu sais, Einstein avait un cerveau si grand que parfois on en voyait un bout qui sortait par ses oreilles. »

Sous l’effet du choc, le pauvre homme s’est complètement trompé dans les commandes : non seulement vous vous êtes retrouvée avec deux fois plus de hamburgers que prévu mais il vous a encore offert desserts et cafés pour se faire pardonner.

La semaine prochaine, vous tentez Ducasse ou Marc Veyrat.

19 mai, 2008

Coeur en berne

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 22:23

diddl.bmp« Maman », soupire une Monette toute chagrine, « tu sais, il me manque trop ».

« Qui ça, ma puce ? »

« Tiago, le garçon de ma classe qui a déménagé ». Et d’enchaîner, rêveuse : « on jouait toujours au taureau à la récréation ».

Vous, pensive : « au, hum… taureau ??? »

« Oui, avec mon écharpe et ma veste. Moi j’étais le torero en habit à paillettes, et lui, il faisait le taureau. Et les copines, elles étaient assises sur le banc et elles applaudissaient ».

Vous concevez aisément qu’une corrida sans taureau, c’est beaucoup moins excitant. Néanmoins, toute peine de cœur finit par trouver un exutoire. Celui-ci se présente en l’occurrence sous la forme de papier à lettre Diddl rose, déniché dans un vide-grenier.

« Tiago, tu me manques » écrit donc Monette de sa plus belle plume, avant de glisser la missive dans une enveloppe assortie.

Et c’est ainsi que vous vous retrouvez à jouer les détectives et à téléphoner à toutes les mamans de la classe pour trouver le nom de famille du déserteur afin de remonter la filière jusqu’à sa nouvelle adresse. Tout en vous exécutant, vous prévenez l’amoureuse transie : dans dix ans, il faudra qu’elle se débrouille toute seule.

4 mai, 2008

Un mythe s’effondre

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 9:36

6143oldwomansmokingacigarette.jpgComme dirait Darwin, ce week-end « vous avez eu trop la honte »  (d’ailleurs est-ce normal qu’un enfant de 7 ans et demi raisonnablement éduqué s’exprime déjà comme un ado de banlieue-dortoir ?). La faute en incombe à Dame Monette observant les tables du café sur la place du village, et dont la petite voix flûtée laisse soudain transparaître cinq ans d’éducation aux bonnes manières : 

« Maman, y’a une vieille qui fume ! »

La vieille personne d’un certain âge en question tourne la tête vers vous d’un air courroucé. C’est vrai qu’outre souligner très élégamment son âge, le ton de Monette indique clairement un profond dégoût pour la cigarette (dégoût soigneusement inoculé par de subtiles allusions répétées de votre part et régulièrement alimenté par la crainte viscérale de Darwin d’attraper un cancer du poumon).

« Hum ma chérie » expliquez-vous sur un ton digne de la reine mère lors d’un dîner de gala, « on ne dit pas « vieille », c’est très mal élevé, on dit « personne âgée ».

Ce qui n’a guère dû plaire à la concernée, laquelle n’accuse à vue d’œil qu’une petite dizaine d’années de plus que vous (mais est nettement plus décrépie niveau rides, je vous l’accorde. Que voulez-vous, la graisse conserve une meilleure élasticité à la peau, faut bien qu’il y ait des compensations).

« D’accord », reprend Monette, « n’empêche que la dame âgée, elle fume. Je croyais que quand on devenait vieux, on devenait sage ? »

Puis, fataliste : « c’est pas vrai alors. Même les vieux, ils font des bêtises ».

Hé oui. Triste époque.

1 mai, 2008

Pile ou face

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies — Pétronille @ 21:18

vache.jpgScénario numéro un : Monette invite une copine pour jouer. Elles commencent par se déguiser, puis dans la foulée inventent une pièce de théâtre inédite qui se joue dans le noir avec des lampes de poche et que vous êtes gracieusement invitée à visionner trois fois de suite en avant-première. Ensuite elles sortent le matériel de bricolage et confectionnent des cartes pour leurs copines à grands renforts de tampons, fleurs autocollantes, ciseaux diversement crantés, colle et stylos feutres. Plus quelques œuvres originales destinées à orner les murs de leur futur appartement commun, quand elles seront grandes. Elles poussent la bonne éducation jusqu’à ranger le matériel (ça, c’est grâce à la copine, parce que Monette a une sainte horreur du rangement, elle en ferait presque des poussées d’eczéma) avant de s’installer tranquillement à table pour le goûter. Tout en grignotant leur pomme-popcorn-sirop, elles se racontent des secrets et gloussent dans le plus pur style chipiesque, décrivant avec force détails comment ce sera quand elle partageront leur maison, avec des chevaux, des copines, de la musique, des spaghettis à volonté et pas de maman pour jouer les mégères mono-obsessionnelles.

Vous, pendant ce temps, vous pliez tranquillement votre lessive avant de vous caler dans le canapé avec un coussin et un café histoire de savourer la sérénité de cette ambiance paradisiaque avec un bon bouquin.

Scénario numéro deux : Darwin invite un copain. Le premier quart d’heure constitue un modèle du genre. C’est ensuite que ça se gâte, au moment précis où vous entendez un grand bruit sourd, suivi d’un « aïe » et de cris. Vous vous traînez accourez sur le lieu du drame pour découvrir sans trop de surprises que le jeu qui consistait à sauter du lit superposé sur la planche à roulettes a mal tourné. Heureusement, en génitrice prévoyante, vous avez à portée de mains arnica, crème et pansements en tous genres. Vous suggérez aux deux piles à combustion de se trouver une occupation plus calme.

Vous avez à peine le temps de vous faire un café qu’on vous appelle à la rescousse : le ballon de foot a par inadvertance décroché le plafonnier. Comme ça, tout seul, de sa propre initiative. Il peut s’estimer heureux qu’il ne lui ait pas pris l’envie de s’attaquer aux vitres ou vous l’auriez dégonflé aussi sec. Vous allez chercher l’escabeau et votre trousse à outils, prenez la précaution de couper le courant et faites une brillante démonstration de vos talents conjugués d’électricienne et d’équilibriste, démonstration suivie avec beaucoup d’attention par les deux loustics (tombera ? tombera pas ?).

Remise de vos émotions, vous suggérez une trêve et un goûter. Les fauves engloutissent un paquet de biscuits avec forces miettes en 2 secondes 3 dixièmes avant de filer ventre à terre dans leur antre. Vous contemplez pensivement la pluie qui frappe le sol de la cour en bas de chez vous et n’hésitez qu’un millième de seconde avant de suggérer innocemment que le ballon a lui aussi besoin de prendre l’air.

Juste après les avoir expédiés dehors en bottes et cirés, vous constatez avec un certain désarroi que la chambre ressemble maintenant à une scène de l’ère jurassique, des dinosaures éparpillés un peu partout et une fine couche de sable recouvrant le tapis. Remontant la piste sablonneuse, vous vous apercevez que cela provient du kit « dig-a-dino » que les paléontologues en herbe ont copieusement pioché, tailladé, épousseté, etc. à même le sol. Vous n’avez plus qu’à passer un coup d’aspirateur pendant qu’ils sont loin.

Vous récupérez ensuite deux enfants trempés jusqu’aux os avec l’espoir que cette petite virée les aura calmés. Effectivement, ils décident de s’étendre sagement sur le lit avec des magazines. Mais bien vite le besoin d’action se fait sentir, et lors d’une séance de gym un peu musclée quatre petits (enfin, petits…) pieds réussissent victorieusement à décrocher deux lattes du lit.

Vous finissez tous la journée dans un état d’énervement frisant l’hystérie et faites asseoir tout ce monde sur le canapé dans une posture jambes et mains croisées supposée apporter détente, relaxation et apaisement des nerfs surmenés, en vous demandant tout de même si un valium ne serait pas plus efficace.

 

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