Le Clafoutis

de Pétronille

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19 février, 2008

¡No pasarán!

Classé dans : Et en plus, elle râle — Pétronille @ 20:56

rsiste.gifLa guerre des bestioles est déclarée. Non, pas les combats acharnés contre les araignées, cafards ou autre délicieuses créatures qui s’invitent parfois dans les maisons, cela vous est pour le moment épargné. C’est bien plus dramatique : après avoir subtilement déjoué une tentative d’élevage de sangsues au printemps dernier, vous êtes entrée de plain-pied dans la résistance aux pressions conjuguées de vos schtroumpfs pour adopter un animal de compagnie. 

Une copine vous a déjà relaté les déboires vécus par le cochon-d’inde, victime de guerre et mort de faim au milieu des hostilités pré-divorce ; le destin tragique des phasmes patiemment observés jour après jour, cajolés, dorlotés, soignés… qui ont terminé leur palpitante existence gazés après une tentative d’évasion de leur terrarium à une heure du matin. Qui aurait soupçonné ces petites bêtes d’être aussi machiavéliques ?  Vous vous êtes émue à l’écoute des malheurs du lapin nain malade offert par la nouvelle compagne de l’ex, qui a mordu et infecté les enfants (un franc succès pour se faire accepter : un mois d’antibiotiques et une cicatrice à vie) et qui a été renvoyé à l’expéditeur avec ultimatum. Et dernier drame, les 3 crevettes roses, si mignonnes dans leur aquarium, dont le cadavre atrocement mutilé a été découvert dans les cris et la douleur flottant un beau soir au milieu des algues, avant de s’apercevoir que oui, ces délicieuses petites bestioles muent, elles aussi*… 

Autant d’anecdotes qui vous laissent fort sceptique quant aux chances de survie d’un animal de compagnie chez vous. Notez ça tombe bien, vous êtes allergique aux poils de chat, c’est lui ou vous. Vous avez sans doute encore quelques années de répit avant que vos schtroumpfs ne tranchent définitivement en faveur du félin. 

D’ailleurs Darwin a son idée sur la question : un hamster, un canari, des poissons, un lapin nain, non, tout ça c’est beaucoup trop courant et peu intéressant. Monsieur hésite entre une mygale et un python, éventuellement un perroquet qui parle, et si possible une langue étrangère, histoire qu’il puisse l’apprendre aussi. Quant à Monette, elle n’en démord pas : elle aura un cheval. Mais comment donc. 

Oui oui, on vous a déjà chanté les louanges éducatifs et pédagogiques d’avoir la responsabilité d’une petite âme sans défense (encore que dans votre répertoire à vous, ni l’étalon ni la mygale et encore moins le python ne peuvent prétendre au titre). Vous ne savez pas bien pourquoi, mais ces chants de sirènes sont nettement moins envoûtants quand ils émanent d’une maman épuisée par les promenades quotidiennes du cocker familial à minuit, ou de telle autre qui vient de changer pour la cinquantième fois tous les poissons tropicaux de son aquarium, rapport à la générosité de sa petite dernière qui persiste à partager avec eux toutes sortes de trouvailles comestibles ou non. Hors de question que vous ajoutiez cette galère à votre vie qui contient déjà un tas de volets pédagogiques absolument palpitants que vous n’avez pas encore totalement explorés.   

Eventuellement, si vraiment vous devez lâcher du lest, vous consentirez l’hiver prochain à fixer une maisonnette à oiseaux sur le marronnier d’en face. S’il le faut. 

* pour les incroyants et autres mécréants qui douteraient encore, voici la preuve scientifique de la résurrection périodique de la crevette :  http://www.jequipemonbac.com/post/2008/01/20/Mue-en-aquarium-dune-crevette-Crystla-Red-Shrimp 

15 février, 2008

Bicarbonate et carte postale

Classé dans : Et en plus, elle râle — Pétronille @ 21:58

fondue.jpgQuoi de plus  agréable, un radieux dimanche d’hiver, qu’une fondue au grand air en contemplant les sapins enneigés ? Attendrie par le regard implorant de votre schtroumpf transformé en cocker, vous cédez et acceptez l’idée d’une fondue à la montagne. (Non, vous ne savez pas faire la fondue. Enfin, vous sauriez probablement si vous vouliez bien essayer, mais étant donné à que le fromage et vous, ça fait deux, vous n’êtes pas outre mesure tentée par l’expérience. Comprenons-nous bien : ce n’est pas que vous ne l’appréciez pas, c’est plutôt lui qui n’est pas tendre avec votre système digestif. Paraîtrait qu’il vous manque une enzyme, encore un défaut de fabrication, un sujet de contentieux supplémentaire vous serez arrivée au bureau suprême des réclamations, en espérant que le produit sera encore sous garantie.) 

Bref, vous arrivez un peu tard, mais enfin c’est congé et tout le monde lézarde sur la terrasse ensoleillée en dégustant des mets plus ou moins appétissants. Vous prenez place, laissez Darwin étudier la carte 2 secondes 3 dixièmes, puis constatez avec un certain effroi que le menu n’affiche pas de pâtes. En effet, non contente de ne pas digérer le lait de vache, vous êtes en outre affublée d’une fille qui n’aime ni le fromage, ni le pain, ni les frites.  Vous osez néanmoins demander s’il est possible de modifier le «steack-frites» en «steack-pâtes». Non, vous rétorque-t-on sèchement, à cette heure-ci, on ne fait plus de pâtes. C’est vrai que les pâtes, c’est coûteux, long et difficile à faire en petite quantité. Consternation. Bravement, Monette déclare du ton d’un condamné à perpétuité qu’elle se dévouera et mangera des frites pour le bien-être gastronomique de son frère. Qui commande donc une fondue pour deux (pendant ce temps, vous fouillez frénétiquement votre sac à la recherche de vos pilules miracles, celles qui vont vous permettre de digérer tout ce lactose sans être malade durant trois jours). 

Arrivent les deux sirops demandés ainsi qu’un bouteille d’eau d’un bon litre. D’accord, vous ressemblez à une outre, surtout en parka, mais tout de même. Vous parvenez à arrêter la serveuse une nanoseconde avant la décapsulation, et demandez plus petit. « Y’a pas » grommelle-t-elle. Philosophe, vous commandez autre chose, et la voyez revenir quelques minutes après avec une petite bouteille…de la même eau que précédemment. Vous saviez avoir franchi une frontière, mais pas qu’il fallait aussi emporter le dictionnaire. 

Un réchaud est ensuite déposé devant un Darwin trépignant d’impatience. Eteint. Précaution fort sage pensez-vous, avec deux enfants plutôt remuants à table. Le seul hic, c’est qu’au moment où arrive la fondue, le réchaud n’est toujours pas allumé. Cela ne semble déranger que vous, puisque vous devez rappeler deux fois le garçon (la serveuse a mystérieusement disparu), lequel consentira à y remédier 9 minutes plus tard (vous avez chronométré). Pour éviter que la fondue ne conglomère davantage, vous suggérez à Darwin  de commencer sans plus tarder et prenez un morceau de pain. Surpriiiiiiiiiise ! Il ne s’agit manifestement pas de pain mais d’une nouvelle espèce de roche dure spongieuse, dont vous hésitez à subtiliser un échantillon pour le faire dater au carbone 14. Troisième rappel des accessoiristes pour le changement de décor.

Hmmm, vous allez enfin pouvoir goûter la fondue qui, entre-temps, a eu l’occasion de se liquéfier à nouveau. Finalement on ne sent pas trop le fromage, dont le goût est masqué par une très forte teneur en alcool. Le sommet est atteint quand Darwin soulève, au bout de sa fourchette, un bout de plastique bleu. 

Finalement, vous ne savez plus trop qui, du lactose, de la route de montagne ou de la colère, est responsable de l’état pitoyable de votre estomac. La prochaine fondue, même improbable, ce sera en plaine et en paquet. 

11 février, 2008

Confessions

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 20:54

041202confession.gifVous avez tout récemment été « taggée » par dame Lison, qui tient manifestement à ce que vous livriez vos plus intimes secrets à la contumace. Voici donc six petits détails hautement confidentiels que vous êtes priés de ne pas divulguer plus loin, rapport à votre image déjà passablement ternie comme ça. 

Vous êtes une incorrigible pipelette (et vous n’y pouvez rien, c’est de naissance). Voilà, c’est dit. Comment ça, vous vous en doutiez ?  

Vous êtes totalement incapable de ne faire qu’une seule chose à la fois (paraît que c’est génétique). Je vous passe le très ordinaire téléphone-en-cuisinant-tout-en-donnant-le- biberon-au-petit-et-en-surveillant-les-devoirs-de-l’aînée que toute maman pratique quotidiennement. Vous êtes même habituée à lire un livre en regardant la télé et à suivre les deux sans vous tromper. Evidemment, faut éviter la combinaison Michel Onfray – Luis Buñuel, ou vous risquez de perdre la tête, mais je vous assure que mélanger Sœur Fidelma et les Experts, ça passe très bien. 

Vous êtes viscéralement imperméable à toute forme de communication verbale, non-verbale, télépathique, amoureuse ou même extra-terrestre avant d’avoir pris votre café le matin. C’est même pas la peine d’essayer pour voir, vous risqueriez de vous faire mal. Inutile de dire que ça n’a pas arrangé le climat conjugal du temps où cela existait encore sous votre toit (grosso modo au mégalithique supérieur, donc). 

Vous n’êtes jamais ressortie d’une librairie les mains vides. En revanche, vous y parvenez sans peine dans les merceries, les niches informatiques et les magasins d’accessoires automobiles. Punaise, faut que vous en parliez à votre psy, ça cache sûrement quelque chose.

Vous êtes profondément allergique à tout ce qui s’apparente à du ménage, repassage, vaisselle et tutti quanti. Et avez une reconnaissance sans bornes pour les inventeurs des lave-linge-qui-sèche-aussi, lave-vaisselle, four à micro-ondes, vêtements qui ne se repassent pas et autres merveilles modernes. Le jour où ils auront enfin mis au point le robot-esclave-qui-fait-tout-à-la-maison, votre bonheur sera total. 

Vous êtes irrécupérablement accro à toutes les formes de chocolat. Sauf le blanc, mais c’est pas du chocolat. Et croyez-moi, ça se voit. Ô rage, ô désespoir, ô tablette ennemie… 

Vous êtes aussi… ah, ça fait déjà six ? Bon, ben tant pis pour vous, alors .

P.S. comme vous n’êtes pas de nature autoritaire (mais non, puisque je vous le dis, peut-être juste un brin sadique parfois) vous n’allez pas désigner six prochaines victimes mais vous laissez l’entière liberté à qui veut de s’épancher sur son blog concernant six détails traumatisants de sa personnalité. Surtout n’oubliez pas de venir me prévenir ensuite, que je puisse rigoler un peu.

7 février, 2008

Seconde nature

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 22:17

hamac.jpgNe jamais remettre à demain ce qu’on peut faire le jour même, assénait votre grand-mère avec conviction. Et c’est dingue, mais ça marche. Il existe effectivement un tas de choses pour lesquelles ce vieil adage marche vraiment. Si, si. Les tartes au citron, par exemple. Vous n’avez absolument pas souvenir d’avoir jamais remis au lendemain la dégustation de ces délicieuses petites choses. Les siestes. Les bains moussants. Les bons bouquins. Evidemment, ça ne peut pas fonctionner aussi parfaitement pour tout, sinon ce serait trop facile. Il y a toujours quelques exceptions, oh trois fois rien, juste quelques bricoles comme les paiements mensuels, la déclaration d’impôt, les factures de médecin, le nettoyage des vitres, les démarches administratives, les coups de fil à la régie, la lessive, les talons-réponse de l’école, bref, que des choses tout à fait secondaires. Dans la vie, il faut savoir se concentrer sur l’es-sen-tiel. 

Et vous y parvenez parfaitement. Pour un peu, vous pourriez devenir grande prêtresse de la zenifiante nonchalance administrativo-ménagère (la znam. Ca sonne bien, non ?). Votre appartement est un joyeux chaos permanent, vous n’arrivez jamais à avoir des habits coordonnés propres en même temps, il manque perpétuellement quelque chose dans le frigo et vous attendez toujours la toute dernière minute pour remédier à quoi que ce soit. D’aucuns se stressent pour une ampoule grillée, une panne de télévision, une fuite sous l’évier ? Vous, vous déplacez les lampes, bricolez au plus pressé, et attendez de devoir mettre des palmes pour atteindre le frigo avant de téléphoner en catastrophe au plombier, généralement un dimanche matin. On vous persuade de vous mettre aux paiements par internet pour mieux gérer votre budget ? Excellente idée, cela vous permet en effet de retarder la fin du mois de quelques jours supplémentaires. Une porte du meuble de cuisine s’est détachée ? Bah, ça pourra bien attendre l’état des lieux (non, vous n’avez aucune indication quant à un éventuel déménagement). 

Vous pourriez donc être zen, vraiment zen. Hélas non. En réalité, tout cela vous stresse, vous pèse, vous oppresse, vous regarde dans les yeux avec un air de reproche, comme un rappel constant de vos nombreuses incompétences. 

Il paraît qu’un désoeuvré en mal de reconnaissance a inventé un mot pour ça : procrastination. Ca sonne comme une maladie, quelque part entre le délire mental et la conviction religieuse intégriste. A tout prendre, vous préférez le vice à la névrose et l’admettez sans détour : vous êtes une paresseuse. 

4 février, 2008

Le feu de la question

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 22:26

montsegur2.jpgLe doux bercement de la voiture, disiez-vous donc récemment, provoque apparemment chez votre progéniture une agitation des méninges qui les conduit à vous poser les questions les plus étranges au moment où, par définition, vous n’avez absolument rien d’autre à faire avec votre demi-neurone à moitié grillé par une journée de travail abrutissant. 

Le thème du jour, ce sont les Cathares. Connus de vos schtroumpfs parce que vous avez eu l’audace de passer deux fois des vacances dans la région et avez ainsi eu l’insigne honneur de gravir la plupart des châteaux (enfin, ce qu’il en reste), eux en courant comme des chèvres, vous en transpirant hors d’haleine derrière. 

Question de Monette donc, qui ne se souvient plus très bien si les Parfaits ont été brûlés dans l’enceinte de Montségur ou à l’extérieur. Dans le champ, en fait, ça lui revient. S’ensuit un tir nourri : mais les soldats du pape, c’étaient de vrais soldats ? avec des armes ? Comment savait-on qui était un soldat du roi ou un soldat du Pape ? Etaient-ils ligotés avant d’être jetés dans le feu ? Ou bien les soldats les poussaient-ils ?

Là, vous hésitez franchement avant d’expliquer à votre puce que ces convaincus s’étaient apparemment livrés eux-mêmes aux flammes. Surgit la question fatidique, à laquelle vous êtes bien en peine de répondre sur-le-champ, surtout en train de négocier un carrefour totalement bouché en espérant arriver à l’heure pour récupérer Darwin à son cours de judo. 

« Avec quoi ils ont mis le feu au bûcher ? » 

(Ha ha, trop facile celle-là, non mais, tu me la fais pas à moi hein, avec une torche bien sûr. Et toc.) 

« Mais comment ils ont allumé la torche ? Ca existait déjà, les allumettes ? » 

Ah. Euh… vous ne savez pas trop ni à qui ni à quelle époque on doit cette belle invention, mais vous supputez que le XIIIe siècle, c’est un brin trop tôt. Ah ça y est, réponse logique : ils gardaient sûrement des feux allumés tout le temps, au cas où. Ouf. 

Emerveillement de Monette : « tu veux dire que depuis les hommes préhistoriques, y’avait tout le temps un feu allumé ? » 

Voui voui, ça doit être ça, enfin, peut-être qu’il y avait d’autres techniques, va savoir (punaise, on n’est pas bientôt arrivées, oui ?) Ah si, tiens : la loupe. Il se servaient peut-être du soleil et d’une loupe. 

« Ah ? mais ils ont brûlé en été alors, quand y’avait beaucoup de soleil ?  » (non, en mars, et semble-t-il le soir. Carrramba, encore raté. Allez le camion, démarre, on est en retard). 

Monette abandonne temporairement ce sujet brûlant et vous vous imaginez déjà tirée d’affaire, mais alors que vous foncez droit sur la dernière place de stationnement libre, elle rebondit : 

« Et les cendres, elles sont enterrées où ? » 

Bref, si quelqu’un connaît les techniques de production et de conservation du feu au Moyen-Age, vous brûlez de les entendre.

 

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