Le Clafoutis

de Pétronille

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31 janvier, 2008

Vous avez remarqué ?

Classé dans : Et en plus, elle râle — Pétronille @ 20:45

peaceandlove.jpgAprès trois heures et demie d’enfer dans la voiture, c’est 8 minutes avant d’arriver à destination qu’ils s’endorment comme deux anges. Vous, vous avez la tête qui tourne et une extinction de voix à force d’avoir épuisé votre répertoire de chansons, joué aux devinettes, identifié toutes les plaques minéralogiques, compté le nombre de Peugeot rouges et de Toyota blanches, réglé les disputes, organisé des concours de calcul, longuement débattu de l’intensité de la photosynthèse chez les plantes aquatiques, de la tectonique des plaques et de la vie après la mort, poussé quelques coups de gueule, distribué des ravitaillements et négocié de nombreux arrêts pipi aux endroits les moins appropriés. Notez que ce qui relève du miracle, c’est plutôt que vous arriviez en plus de tout ça à conduire un véhicule à peu près correctement. 

A ce propos, je ne vous apprends rien, mais c’est évidemment juste après avoir re-sanglé tout le monde dans son siège et ôté les douze couches nécessaire pour traverser les 20 mètres séparant un café bien équipé en toilettes de la voiture par un -10 glacial, que les besoins primaires des chères têtes blondes nécessitent un arrêt d’urgence. 

C’est quand il n’y qu’un seul machinchose bleu qu’ils le veulent tous les deux et que c’est la crise assurée dans la magasin/musée/restaurant. Si tous les modèles sont disponibles, ils vont opter sans discussion pour un vert et un jaune. Au moins dans le premier cas, ça vous fait des économies, puisque vous finissez par sévir et repartir sans rien. Autant de gagné pour payer le neuropsychiatre qui devra soigner vos petits nerfs dans…bah, disons six mois ? 

C’est bien sûr quand l’un pose une question que l’autre a subitement une information hyper-méga-top-essentielle à communiquer urgemment à l’assemblée. Qui ne peut pas attendre, là tout de suite, sinon le momentum sera passé. Personne n’étant disposé à céder spontanément son temps de parole, vous devenez un tribunal d’arbitrage à vous toute seule, même que vous envisagez sérieusement une reconversion comme présentatrice dans les débats politiques télévisés en période électorale. Sans compter l’agilité d’esprit qu’il vous faut pour zapper en continu d’un sujet à l’autre, sur des thèmes aussi proches que, au hasard, le dépistage de la trisomie 21 in utero et les primaires des présidentielles américaines, tout en continuant de décortiquer la recette du feuilleté de lapin au fenouil confit. 

C’est sans parler des tentatives pour occuper le temps libre en jouant à un jeu de société, comme une famille bien élevée. Avec une régularité de métronome, l’un commence toujours par choisir un jeu qui ne se joue qu’à deux, provoquant aussitôt une crise chez l’autre (pour une raison inconnue, vous êtes rarement désignée pour le rôle du mort, ce qui est fort dommage car vous, vous ne vous rouleriez pas par terre en hurlant, promis-juré). Une fois le conflit résolu, vous commencez à peine à jouer que la première change les règles et le second crie au scandale ; et si d’aventure vous arrivez à mettre tout le monde d’accord, c’est à la fin du jeu que le perdant fera savoir à l’ensemble des oreilles de l’immeuble à quel point il a l’échec douloureux (si quelqu’un connaît un jeu de société version jacques martin, où tout le monde gagne à la fin, merci de m’indiquer asapissimo les références). 

Et dire qu’il existe des inconscients braves qui ont des familles nombreuses… 

28 janvier, 2008

Superwoman

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 20:45

manyarms.jpgQu’est-ce que tu veux faire, quand tu seras grande ? 

Petite, la question avait le don de vous donner de l’urticaire. Mais fifille se révèle nettement plus futée que vous, et d’une voix tranquille, elle répond très sérieusement à l’inquisiteur : 

« Masseuse des pieds, prof d’équitation, paléontologue, maîtresse de dessin, remplaçante dans les écoles et les crèches, et scientifique qui apprend aux enfants comment observer les animaux dans la nature ». 

Pause, puis : 

« Et le dimanche, je me repose. » 

Et vous donc. Vous êtes épuisée rien qu’à l’écouter. 

25 janvier, 2008

Le long brame du caribou esseulé

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 19:42

caribou.jpgMalgré le soleil, l’air est froid. Le vent vous fouette le visage. Emmitouflée dans une chaude parka en fourrure, vous glissez au milieu de la toundra enneigée, calée sur un traîneau tiré par des chiens sous la conduite experte d’un guide. Une meute de loups passe devant vous en courant, fouettant la poudreuse, instant magique. Puis vous apercevez la tête d’un caribou émergeant derrière un bouleau. L’animal émet un long brame rauque et plaintif. 

« Il se sent seul et appelle ses copains » explique votre guide inuit. 

Une sensation d’engourdissement sur le côté droit vous oblige à vous retourner. Vous relevez le nez de l’oreiller et mi-terrorisée mi-ébahie, vous réalisez que le brame en question, qui est loin d’être terminé, émane en fait du lit voisin du vôtre dans la chambre d’hôtel que vous partagez avec une copine, en plein coeur de Lisbonne. 

Profondément plongée dans un sommeil béat agrémenté de ronflements et autres grognements en tous genres, la copine n’émergera pas, pas même pour partager le fou rire inextinguible qui vous gagne.

PS merci à la copine, qui se reconnaîtra, d’avoir donné son aval à la mise en ligne cette anecdote qui ne la révèle pas sous son jour le plus flatteur…

23 janvier, 2008

La vie est pleine de petites surprises

Classé dans : Et en plus, elle râle — Pétronille @ 21:19

jackinthebox.jpg

Vous venez de faire une découverte incroyable. 

Vous avez relaté votre mésaventure dans un bar lisboète à un collègue espagnol, auquel vous avez à tout hasard demandé si le nom du troquet avait une quelconque signification. Il se trouve justement que ledit nom (« Chueca ») est aussi celui du quartier gay de Madrid, et qu’il n’y avait apparemment que des andouilles comme vous pour faire fi d’une invite aussi claire, dixit le collègue entre deux hoquets de fou rire. 

En même temps, on n’a pas tous usé nos fonds de culotte sur les bancs des cafés madrilènes, aussi, hein. Et on ne parle pas tous couramment l’hispano-portugais non plus, que je sache. Si ? Bon, ben vous, vous parlez tamoul. Parfaitement. Non que ce soit particulièrement utile dans les endroits branchés des capitales européennes, mais ça en jette au moins autant que l’espagnol. Et toc. Même que si un exilé sri-lankais s’avisait d’ouvrir une boîte gay… enfin non, rien.   

Bref, ce week-end, vous restez sous la couette, ce sera plus simple. 

21 janvier, 2008

La porte à côté

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 21:13

porte.jpgLa vie de maman comporte de nombreuses touches sur la télécommande, la plupart fonctionnant en simultané, mais le bouton pause n’est hélas pas toujours programmé. Vous avez fermement décidé de remédier à ce grave manquement et avez organisé un long week-end sans fauves en compagnie d’une amie, dans la capitale lusitanienne que vous ne connaissiez pas et dont on vous avait dit plus grand bien. Hélas, personne n’avait pris la peine de vous mettre en garde contre la cuisine locale, ce qui vous a valu des débuts assez….euh, disons, délicats. Etant donné votre peu d’affinités avec la cuisine portugaise, vous décidez que ce soir, c’est pasta et basta. Ca tombe bien, votre guide de poche indique justement un petit resto italien bien coté et pas trop loin. 

Le Graal est évidemment situé tout en haut de la rue, alors que vos pieds sont en compote d’avoir usé les pavés lisboètes toute la journée. Lorsque, haletantes, vous parvenez au sommet de la colline, c’est pour vous entendre dire qu’il n’y aura une table disponible que dans 40 minutes. 

Qu’à cela ne tienne, un apéritif s’impose, peut-être agrémenté d’une petite conversation avec quelques autochtones bien choisis. Mais voilà, les terrasses (voui voui, le thermomètre affiche un 17 degrés très clément pour la saison), les terrasses donc sont stratégiquement situées tout en bas de la rue. Un regard échangé avec votre complice dans l’indignité maternelle et c’est décidé : pas question. Vous dénichez donc un petit bar dans une ruelle adjacente et vous affalez sur un sofa blanc cousu de boutons oranges sans trop prêter attention aux détails. 

Un mojito plus tard, vous vous avisez que le décor du bar est un brin étrange. Sur la photo murale devant vous, deux femmes en sous-vêtements s’embrassent à pleine bouche. Dans votre dos, une Noire aux seins nus envoie des baisers on ne sait trop où. Les photos affichées sur les autres murs sont du même acabit. 

Hum. Vous faites mentalement le tour du bar, qui ne compte, au final, que trois hommes. Le premier constitue la moitié d’un couple hétéro manifestement aussi égaré que vous (que vous retrouvez d’ailleurs plus tard au restaurant) ; le second arbore un look bizarre et semble à tu et à toi avec les deux tenancières. Quant au troisième, à y regarder de plus près, c’est une femme.   

Autant pour votre étude sociologique de proximité de la population lisboète masculine. Vous avalez le restant de vos cocktails en vous félicitant de ne pas voyager seule et vous vous hâtez de rejoindre le restaurant, les pavés aidant à contrebalancer l’effet de roulis du mojito bu trop vite. Au moins cela en valait la peine : un délicieux carpaccio de saumon, des fettucine ai porcini et un tiramisù divin plus tard, vous n’avez plus qu’à vous laisser rouler en bas de la rue pour retrouver votre lit. 

17 janvier, 2008

L’homme-qui-ne-sourit-pas

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies — Pétronille @ 18:35

bowcurtsey.gifC’est la dernière trouvaille de Darwin, qui traverse manifestement une période historico-romantique. Pas de ne plus utiliser ses muscles zygomatiques, non, mais de regarder avec vous les six épisodes de la version BBC du célèbre roman « Orgueil et préjugés », rebaptisée fort à-propos l’homme-qui-ne-sourit-pas.  

 A tout prendre, vous préférez nettement Jane Austen à Spiderman, et vous cédez donc à la demande à raison d’un épisode par soir en période de week-end, ce qui étale tout de même la série sur trois semaines. 

Votre princesse à vous est surtout sensible aux belles robes et aux bals, et déplore l’aspect pratique et sans fanfreluches de la mode actuelle. Darwin se montre en revanche très intéressé par la manière déférente dont les messieurs s’adressent aux ladies. C’est ainsi que ce même soir, vous avez droit à un cours d’expression bienséante : 

« Il serait de bon ton que tu penses à tirer la chasse d’eau quand tu vas aux toilettes », enjoint Darwin à sa sœur d’un ton digne. Puis, au moment de se mettre à table  : « Me ferais-tu l’honneur de t’asseoir à côté de moi ? » 

La soirée se déroule ensuite dans une ambiance guindée qui commence vraiment à vous porter sur les nerfs, surtout quand Darwin tient à s’incliner brièvement avant de vous poser une question qui, elle, aurait été parfaitement déplacée au XIXe (du genre comment trouver sur internet le tableau périodique des éléments chimiques histoire de vérifier que le Krypton existe bien ou que vous expliquiez le processus d’oxydation du fer).   

Heureusement, les provocations répétées d’une Monette aussi exaspérée que vous atteignent rapidement leur but et Darwin troque en un temps record son dandysme laconique à la Colin Firth pour une imitation très réussie du tyrannosaure affamé dans Jurassic Parc. Chassez le naturel… 

15 janvier, 2008

La pédagogie du petit pois

Classé dans : Et en plus, elle râle — Pétronille @ 21:28

petitpois.jpgJuste avant les vacances de Noël, Darwin a victorieusement passé les épreuves lui permettant d’arborer fièrement une ceinture jaune sur son kimono de judo. Il reprend donc les entraînements regonflé à bloc, mais vous craignez que son enthousiasme ne fasse pas long feu si l’entraîneur (toujours la même lumière, hélas) continue de sévir avec des méthodes pédagogiques dignes des internats catholiques de l’Espagne franquiste.  

«Frisette», assène le géant (pas vert, mais que vous avez tout de même pris la liberté d’affubler du sobriquet de Petit pois, rapport à la dimension du cerveau, qui n’est pas sans vous évoquer un petit pois esseulé dans une boîte de conserve taille familiale), « viens ici pour une démonstration ». 

Le copain aux cheveux bouclés s’approche, accompagné d’un autre enfant sympathiquement interpellé « gros nez » et exécute la prise demandée. 

« Bien », tonne le malabar. « A toi maintenant, le bronzé, avec Frisette ». 

Si Darwin déteste être appelé « bronzé », même par un homme lui-même noir comme du charbon, il conserve son calme malgré un regard furibard. « Frisette », en revanche, est en larmes, d’autant que les trois filles du cours se moquent maintenant ouvertement de lui. 

Petit pois réalise qu’effectivement, il a gaffé. Tentant maladroitement de se sortir de là, il impose dix pompes aux trois moqueuses tandis qu’il se propose d’en faire vingt. Dans la psychologie du Petit pois, les appuis faciaux constituent en effet la panacée universelle. 

Trop tard. « Frisette », dégoûté, ne reviendra pas au cours et sa sœur non plus. Il faut dire que cet exploit verbal et comportemental est le dernier en date d’une longue série. Il ne reste maintenant que huit braves, ce qui, vous n’en doutez pas, permettra aux quelques neurones du Petit pois, avec un programme intensif adapté, de retenir enfin leurs prénoms d’ici la fin de l’année. On a les progrès qu’on peut. 

11 janvier, 2008

Au pif

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 20:21

tshirtsalamandre4.jpgToujours à l’affût d’idées saugrenues (votre côté ludique et primesautier ne connaît pas de limites), et parce que vous avez adoré – et Darwin aussi – le t-shirt salamandre qu’elle a confectionné, vous vous êtes inscrite à ce petit jeu rigolo… 

Voici donc le principe du PIF (Pay It Forward), qui comme son nom l’indique est un amusement bien d’chez nous, crénom  d’boudiou : 

- n’importe qui possédant un blog peut participer (et partant du principe que n’importe qui peut tenir un blog, cela ouvre de folles perspectives) 

- les trois premiers téméraires chanceux à laisser un commentaire sur ce post recevront un cadeau réalisé par moi-même toute seule de mes blanches mains de fée (aïe aïe aïe…  promis ce ne seront pas des chaussures vernies

- je vous enverrai votre cadeau dans l’année, allez disons d’ici le 31 décembre parce que je suis bonne pâte (ou comment trouver des raisons supplémentaires de se stresser quand on a une vie plate et monotone) 

- en échange, et comme nous vivons dans un monde essentiellement matérialiste, même si ce jeu repose sur le principe du don et contre-don, style Marcel Mauss revisité, enfin bref… il faudra d’abord vous engager solennellement sur votre blog à vous à faire la même chose, c’est-à-dire à envoyer un cadeau aux trois premiers/ères à laisser un commentaire (et exclu que je vous envoie votre magnifique spécimen tant que vous n’aurez pas promis, nan mais ho).

Qu’est-ce qu’on rigole, non ? D’autant que vous n’avez absolument aucune idée de ce que je vais bien pouvoir vous concocter (et franchement, à ce stade, moi non plus). 

Bon, en fait c’est un test pour voir qui a confiance en mes capacités artistiques…oui j’aime bien me prendre des claques de temps à autre, ça me remet les idées en place.

8 janvier, 2008

Flush royal

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 20:26

potdechambre.jpg- « Maman, pourquoi elle était aux toilettes, Marie ? » 

- « ?!? Quelle Marie ? Quelles toilettes ? » 

Vous avez beau réfléchir, vous ne voyez pas qui est Marie. Encore moins une Marie dont vous auriez fait connaissance dans des lieux d’aisance. Vous tentez de démêler la nébuleuse et commencez par demander dans quelles toilettes se trouvait Marie, espérant découvrir ainsi un indice précieux. 

- « Mais j’en sais rien », s’énerve Monette, « j’y étais pas, moi ! » 

Voilà qui est somme toute rassurant, mais vous êtes toujours dans le noir complet. 

- « De quelle Marie s’agit-il ma puce ? Une copine d’école ? Du centre aéré peut-être ? Ou de la danse ? » 

- « Mais tu comprends rien », tempête Monette (ce en quoi elle n’a pas tout à fait tort. Vous êtes effectivement totalement larguée) « Marie-aux-toilettes, la femme du roi à qui on a coupé la tête. » 

Ah oui, cette Marie-là… L’Histoire de France a n’a pas fini de vous étonner. 

4 janvier, 2008

Les joies de la neige

Classé dans : Et en plus, elle râle — Pétronille @ 22:09

ski.jpgTout avait pourtant bien commencé. Les schtroumpfs avaient essayé leurs chaussures de ski, affirmé d’une voix assurée qu’elles allaient bien, que non, les orteils ne touchaient pas le bout, les pieds ne faisaient pas mal. Vous aviez fait l’acquisition de beaux gants tous neufs, bref, vous étiez prêts au départ. 

Une heure de voiture avec une moyenne de -10 de température extérieure ont raison de la souplesse du plastique des équipements. Une fois sur place, impossible pour Darwin d’enfiler son pied dans les chaussures. Vous y passez plus de 20 minutes, essayant diverses techniques, positions, menaces, persuasion, indignation, méthode Coué, rien n’y fait. Vous vous résignez à louer une paire de chaussures pour la journée, quand vous réalisez qu’il est pratiquement l’heure du cours de ski de Monette qui trépigne d’impatience. Vous plantez donc Darwin devant le magasin de location avec son bazar, gravissez hardiment la butte en haut de laquelle attendent les monitrices, réussissez de haute lutte à vous frayer un chemin dans la foire d’empoigne de parents poussant en avant des chérubins ressemblant tous à des punching ball sur lattes, et dévalez le talus pour vous apercevoir que Darwin a disparu. 

Un arrêt cardiaque plus tard, vous l’apercevez en haut de la butte, qu’il a gravie pour vous rejoindre. Avec ses skis évidemment, qu’il est maintenant obligé de porter pour redescendre puisqu’il n’a toujours pas de chaussures adéquates. Soulagée mais transpirant comme si vous aviez conquis l’Everest à peau de phoque, vous pénétrez dans le magasin de location et retenez un commentaire en entendant votre loustic s’enthousiasmer pour des chaussures d’un immonde jaune moutarde qu’en d’autres circonstances il aurait certainement refusé de porter. 

Ouf. Vous allez enfin pouvoir commencer à skier. Ce que vous faites avec un réel plaisir jusqu’au moment où il faut aller chercher Monette à son cours. C’est bien évidemment l’instant parfait pour tomber du téléski, occasion que votre schtroumpf ne manque pas de saisir. Vous avez ensuite droit à une crise de colère sur le bord de la piste, car môssieur est immensément vexé et tient à le faire savoir. Quinze minutes de tergiversations sonores plus tard, la station entière sait qui vous êtes et vous voilà à nouveau sur le remonte—pente, croisant les doigts pour que Darwin regarde devant lui plutôt que de tenter d’apercevoir des renards dans la forêt située dans son dos. Vous récupérez en retard une Monette en larmes, affamée et victime d’une crise d’abandonnite aiguë. 

L’après-midi se déroule plus tranquillement et vous limitez vos exploits à une seule piste où Darwin peut skier seul pendant que vous tenez Monette à bout de bâton (excellent pour la posture). C’est au moment béni d’ôter les chaussures et de remettre des bottes confortables  - aaaaaaaaaaaaaah – que d’un air candide Monette vous assène le coup de grâce : 

- « Tu sais maman, je ne peux pas bien skier avec ces chaussures, parce que j’ai les orteils tous pliés. »

- « ???? mais comment ça ? On les a essayées, tu as dit que tu ne touchais pas le bout… »

- « Ben non, je ne touche pas le bout si je plie les orteils à l’intérieur ! »

Etes-vous bête. C’est évident. Mais rassurez-vous : en dépit de tout cela, les schtroumpfs sont unanimes. « Trop génial », concluent-ils à l’issue de la journée, alors que vous tentez, épuisée, le dos et les jambes en compote, de vous concentrer sur la route,  »c’est quand qu’on y retourne ? »

Bientôt, mes chéris. En effet, maman a intelligemment oublié de récupérer sa carte d’identité laissée en dépôt lors de la location des chaussures, ce qui prouve une fois de plus que le sport, c’est bon pour la tête. 

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