Le Clafoutis

de Pétronille

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29 décembre, 2007

Bonne nuit les petits

Classé dans : Paroles de schtroumpfs,Tout et rien — Pétronille @ 21:09

bonnenuitlespetits.jpgOccuper deux fauves déchaînés en période de vacances scolaires requiert une inventivité de tous les instants. Vous entendez déjà les bien-pensants vous tenir des discours moralisateurs sur la nécessité des chers petits d’apprendre à s’ennuyer et à se distraire seuls. Il s’agit généralement soit de personnes sans progéniture, et dont la connaissance réelle du sujet n’a d’égale que votre expertise sur la culture du concombre marin à Sumatra, soit d’heureux géniteurs pourvus d’enfants modèles – le genre auquel vous dites « non » une seule fois d’une voix calme mais ferme et qui suivent la consigne pour les 18 prochaines années. Vous ne savez pas où on fabrique ce modèle mais vous n’en avez de toute évidence pas trouvé en magasin – donc n’ayant aucune idée de ce que peut être le quotidien avec deux piles électriques chargées à bloc à deux doigts de l’auto-combustion et en perpétuelle demande d’informations les plus saugrenues du réveil au coucher.

Outre les deux jours de festivités familiales, vous avez donc organisé une expédition shopping-et-décos-de-Noël en ville, une sortie patinoire avec un copain, une visite de musée sur le thème de l’électricité, une tournée pour aller choisir les derniers accessoires nécessaires pour le ski (premières soldes obligent) suivie d’un inévitable MacDo, une longue ballade en forêt suivie d’un goûter chez des amis, un après-midi bricolage avec les cousins, une journée de ski. Histoire de vous poser deux minutes, vous suggérez une soirée télé en prélude à une grasse matinée, blottis sur le canapé sous la couette, avec un bol de popcorn et un verre de lait (pas de cuisine, aaaaaaaaaaaaaaaaah). Ce qui vous vaut d’âpres discussions sur le choix du film.

Darwin tient à « La nuit au musée », distrayant bien qu’assez bruyant, ou alors « Spiderman » ou « KingKong » (hors de question), provoquant les hurlements de Monette qui se dit effrayée par ces histoires de monstres. Mais vous soupçonnez qu’il ne s’agit que d’une ruse toute féminine pour obtenir ce qu’elle veut. En effet, loin de réclamer « Barbie lac des cygnes » ou « La petite sirène », ou n’importe quel autre film rose et romantique, et manifestement frustrée de ne pas avoir pu regarder les aventures du célèbre petit sorcier à la cicatrice avec son frère*, Monette réclame avec insistance « Harry Potter et les 40 géants ».

A l’impossible nul n’est tenu, vous avez finalement englouti les popcorn devant une émission de variétés larmoyante à souhait sur laquelle vous avez failli vous endormir.

*en mère indigne, vous avez en effet exigé qu’ils lisent le livre avant de visionner le film, ce qui explique cette discrimination criante

27 décembre, 2007

Plus dans la course

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies,Et en plus, elle râle — Pétronille @ 10:51

musique.jpgVous l’avez rarement autant senti qu’en ces moments où vos fauves s’enthousiament pour telle ou telle chanson qui, franchement, vous laisse de marbre (pour ne pas dire plus). Décidément vous n’êtes plus dans la course, totalement dépassée. Enfin, la plupart du temps.

Un de vos collègue a eu il y a quelques mois la brillante idée d’offrir à Darwin un CD de Diam’s. Vos schtroumpfs en sont ravis, vous moins. Outre le fait que vous appréciez assez peu le vocabulaire châtié de la dame, entendre votre fils beugler, sur une plage bondée en plein été « Assieds-toi faut qu’j’te paaaaaarle, mon mec se tape une autre feeeeeeemmmmme » est une expérience dont vous vous seriez volontiers passée. 

Le CD une fois malencontreusement égaré (oui, c’est dommage, mais im-pos-si-ble de vous rappeler où vous avez bien pu le ranger), vous avez eu droit à un tout autre genre. Darwin et sa classe étant allés à l’opéra écouter « Petrouchka » (enfin, des extraits) et ayant ramené un enregistrement du concert, vous baignez dans du Stravinsky à plein tube durant six bonnes semaines, choix largement plébiscité par Monette qui peut pour l’occasion enfiler un tutu rose et prétendre danser sur les pointes. 

Le répertoire classique fut malheureusement ensuite sacrifié sur l’autel de la mode et le micro cédé à Lorie, ce qui permet à Monette de chanter à toute heure du jour ou de la nuit (surtout de la nuit) des ritournelles pas trop compliquées. Mais le dernier coup de cœur des schtroumpfs est d’un style plus sirupeux : Céline Dion. Que votre cœur d’artichaut de fils s’emballe pour de la musique guimauve ne vous étonne pas outre mesure. Vous-même y avez bien succombé il y a fort fort longtemps, et il vous reste justement un vieux CD. Mauvaise idée, car dame Céline résonne maintenant de tous ses poumons dans vos oreilles saturées. A tout prendre, vous préfériez franchement leur période Henri Dès.

Là, ils réclament un CD de hip-hop que le Père Noël aurait oublié de déposer dans les bottes (le brave homme). Ouf, sauvée : une année entière de répit pour vos oreilles, et la probabilité assez élevée qu’ils changent d’avis d’ici décembre prochain. 

22 décembre, 2007

Plaisir d’offrir…

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 16:17

statuettes.jpgAlzheimer vous guette, il va falloir demander en urgence des vitamines au père Noël. En ce dernier jour d’école avant les vacances de Noël, la liberté et le repos vous semblent enfin possibles dans un délai raisonnable. Mais pas sans une dernière poussée d’adrénaline, quand vous réalisez à 7h30 du matin passées que vous n’avez pas de cadeau de fin d’année pour les enseignantes de vos chères têtes blondes (ni d’ailleurs pour le parascolaire, le cours de judo, de natation, de danse, etc etc). Horreur, hérésie, drame insurmontable, Darwin est en larmes, comment vous n’avez pas pensé à ça alors que tous les copains ont amené quelque chose, méchante maman (hé oui, encore) que vous êtes. 

Monette, elle, est du genre prévoyant et avait pris il y a plusieurs semaines déjà le soin de réaliser deux ravissantes guirlandes de Noël, découpées avec soin dans des morceaux de feutrine colorée agrémentés de colle pailletée, d’autocollants et de perles, puis reliées par des fils entrecoupés de morceaux d’ouate  »pour faire les flocons », qu’elle vous tend d’un air décidé. Vous mettez donc le tout dans un joli sachet doré (ça, vous avez) et résistez à la pression d’y glisser aussi quelques biscuits en expliquant que les miettes, en plus des paillettes, ça le fera pas. L’avantage indéniable, c’est que l’an prochain, la maîtresse sera soulagée quand votre mémoire vous fera totalement défaut et que votre progéniture arrivera les mains vides. 

Reste Darwin. Vous agitez frénétiquement vos petits neurones espérant que la solution va surgir tel le lapin blanc du chapeau, quand votre regard se pose sur un sachet plastique ramené la veille du bureau. Rempli de bric-à-brac et d’objets de toutes sortes que vous ont offert vos collaborateurs au fil du temps. Un déversage de sachet plus tard, votre choix est fait : vous optez pour deux statuettes en bois sculpté servant à caler les fenêtres ouvertes, parfaitement de saison. Vous chassez la dernière pointe de culpabilité en vous convaincant que de toute façon, la maîtresse a l’habitude des idées saugrenues de Darwin, qui avait en juin dernier absolument tenu à offrir en guise de cadeau de fin d’année une…plante carnivore. 

La maîtresse a certainement apprécié. Sûrement plus que vous la surprise du chef, que vous avez été sommée d’aller récupérer à l’école à 18h00, sous forme d’un sac dégageant une puanteur exécrable resté pendu au vestiaire de Darwin et que personne n’avait osé ouvrir. Et pour cause : des restes de pique-nique vieux de deux semaines que votre loustic a simplement oublié de jeter.

Apparemment, les trous de mémoire, c’est familial. 

18 décembre, 2007

Petits cadeaux de fin d’année

Classé dans : Et en plus, elle râle — Pétronille @ 20:49

kdo.jpgCette belle période des Fêtes est propice à l’affection, à l’amitié profonde, à la chaleur des liens tissés depuis longtemps. Si si si, vous venez d’ailleurs d’en avoir doublement la preuve. Vous n’êtes pas d’un naturel mesquin (enfin, sauf à ce qu’on vous détruise vos illusions), mais certaines taches ont du mal à s’effacer, même à température élevée.

Première Copine ne vous a guère donné de nouvelles depuis un an. Il faut dire qu’elle a eu une vie très occupée, contrairement à vous qui, c’est bien connu, vous tournez royalement les pouces 365 jours par an (dans votre grande bonté, vous consentez à travailler un jour les années bissextiles). Et puis paf ! tout à coup, après quasiment onze mois de silence assourdissant, vous recevez un e-mail. Et là, tout s’éclaire : elle a égaré son portable ! Vous êtes soulagée : forcément, votre numéro étant absolument introuvable ailleurs, cela explique cette absence, ce vide, ce répondeur perpétuel les quelques fois où vous avez tenté de prendre les devants. Vous fournissez donc derechef les informations demandées, dans un style plus laconique que d’habitude, soit. Depuis, c’est l’encéphalogramme plat, à peine un « tous ménages » pour souhaiter Joyeux Noël. Ce fut laborieux pour vos pauvres neurones déjantés, mais vous y êtes tout de même arrivée : message reçu. 

Seconde Copine, elle, est du genre susceptible (plus que vous, oui oui c’est possible). Elle ne vous appelle pas directement mais contacte une troisième larrone luronne fêtarde jeune femme respectable avec laquelle vous avez prochainement prévu de festoyer. Laquelle lui suggère de se joindre à votre petite sauterie. Las, faute d’invitation officielle en lettres gothiques sur un bristol doré, aucun signe de vie. Vous prenez donc l’initiative de l’invitation téléphonique, qui est déclinée aussi sec pour cause de visite de la belle-sœur pour les Fêtes. Hum. Vous osez suggérer que pour un soir, la belle-sœur, qui a par ailleurs toute sa famille dans la région, pourrait peut-être… ? Et vous vous faites rembarrer sèchement par un « c’est moi qui décide » digne de Monette dans ses grands moments, mais nettement moins attendrissant éructé par une adulte accusant 35 ans de plus au compteur. 

C’est que vous êtes un peu lente à la détente. La dernière fois c’était le repas dominical des beaux-parents qui ne pouvait souffrir ni d’une absence, ni de quelques minutes de retard sur l’horaire digne d’une montre suisse. Là, c’est la belle-sœur qui nécessite une attention de tous les instants. Mais comment faire pour imprimer dans le minestrone qui vous sert de cerveau que vous n’êtes décidément pas en tête de liste des priorités, malgré tous les grands discours et autres textos grandiloquents sur l’amitié ? 

Bref, force est de constater qu’en ce moment, vous n’êtes pas très demandée. Il ne vous reste qu’à vous résigner et à vous faire petite, toute petite, minuscule poussière insignifiante au pied du sapin, vous fondre dans le néant, là où est votre place. Ce qui, vu la taille du sapin (90 cm) et votre gabarit à vous s’avère un sacré défi, mais avec un peu d’imagination, parée d’un gros noeud rouge brillant autour de la tête, ça devrait le faire, non ?

14 décembre, 2007

La reproduction des espèces

Classé dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 10:02

coccinelles.bmpVous les connaissez sûrement. Ces petits moments de gêne, quand votre chérubin d’habitude siiiiiiiii bien élevé s’oublie et  - au choix – s’essuie le nez sur la manche du voisin, s’exclame « elle est mal élevée la dame, hein maman » ou demande à haute et intelligible voix pourquoi le monsieur assis à côté de lui dans le bus ne sent pas bon. Démonstration en deux temps.

La première scène se passe au printemps dernier. Vous marchez dans la rue avec Darwin, afin d’aller chercher Monette qui, à cette époque, fréquente encore la crèche. Dialogue :

« Tu sais maman, elle est trop bête Monette, elle croit encore qu’on peut avoir un bébé en se faisant des bisous sur la bouche ».

« Ah», répondez-vous vaguement, songeant qu’à 4 ans tout frais, cette version ne vous semble pas particulièrement tirée par les cheveux. 

« Mais t’en fais, pas », ajoute Darwin sur un ton rassurant, « moi, je lui ai tout bien expliqué ». 

« C’est bien », répondez–vous distraitement, absorbée dans la contemplation de la vitrine d’une boutique de vêtements, jusqu’à ce qu’un petit neurone au fond à droite sonne l’alerte :  « euh… tu lui as expliqué quoi, au juste ??? » 

Darwin, haut et fort, bombant fièrement le torse du haut de ses six ans et demi : 

« ben, comment le monsieur met son zizi dans celui de la dame et c’est comme ça qu’il lui passe les graines qui vont faire pousser le bébé dans le ventre, et quand le bébé est mûr, s’il n’arrive pas à sortir tout seul on ouvre le ventre de la dame avec un couteau et même que ça s’appelle une césarine. C’est juste, hein maman? » 

Darwin quête votre approbation sous l’oeil narquois du boucher sur son pas de porte qui, en 4 ans de crèche et deux aller-retours quotidiens, en a entendu d’autres (vous vous rappelez notamment deux conversations particulièrement mémorables sur pourquoi les homosexuels ne peuvent pas avoir d’enfants et sur les origines de la guerre du Liban). 

Acte 2. Il y a quelque temps, dans un centre commercial (un autre, vous aimez vous faire connaître un peu partout). Cohue de fin de journée, vous êtes dans la file d’attente pour payer vos achats, quand Darwin joue les Archimède et s’écrie soudainement « j’ai compris, maman ! » 

C’est là que votre curiosité vous pousse à commettre une erreur fatale : 

« Qu’est-ce que tu as compris, mon chéri ? » (pourquoi vous avez refusé d’acheter de la glace pour le dessert ? pourquoi vous lui avez interdit de sortir en tongs par -2°C ? comment réussir une mayonnaise ? le calcul différentiel ?) 

Darwin, triomphant . « j’ai compris pourquoi le zizi des hommes devient tout dur, c’est parce que s’il reste mou, il ne peut pas entrer dans celui de la dame pour faire des bébés ». 

Aïe. Une nuée, que dis-je une légion entière d’anges, passe. Qu’aviez-vous, aussi, à bêtement poser la question ? 

Vous vous sentez piquer un fard, tentez de garder la tête haute sous les regards allant de choqués à franchement rigolards, et vous acquittez de vos courses d’un air que vous voulez dégagé, style moi-mère-libérée-j’ai-fait-le-pari-d’une-éducation-sans-tabous-et-je-l’assume, pas tout-à-fait aussi crédible que vous l’auriez souhaité. Puis vous filez ventre-à-terre voir s’il a aussi compris le sens du mot discrétion, que vous vous faites fort de lui inculquer en un temps record. 

Finalement, l’époque victorienne avait du bon. 

11 décembre, 2007

Qui a peur du grand méchant loup ?

Classé dans : Bêtises et autres schtroumpferies,Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 15:18

perenoel6.bmpDécembre est chez vous un mois d’âpres discussions et d’intenses négociations. Un mois dédié à l’opposition des volontés, bien loin du message de paix voulu par la tradition chrétienne. Si d’aucuns savent se montrer sages au moins in extremis, ce ne sont en tous cas pas les vôtres, rebelles à toute forme de chantage aux cadeaux. Et manque de chance, vous avez engendré deux experts en argumentation et débusquage des contradictions. 

Votre surnom du mois a donc été voté à l’unanimité (moins une voix, la vôtre) : « méchante maman ». Effectivement, qu’attendent donc les services sociaux pour intervenir, je vous le demande, face à cette mère indigne qui ose refuser un festin de chocolat à 21h, se fâche quand Monette crayonne les murs, punit quand Darwin est insolent ou force ces pauvres agneaux à ranger le capharnaüm de leur placard sous l’escalier chambre. A croire que le sadisme constitue votre seconde nature. 

Pour couronner le tout, voilà deux jours que vous enfermez ces enfants martyrs à la maison, sans contact aucun avec le monde extérieur. Hier, vous avez passé une journée somme toute plutôt reposante, puisque vous avez littéralement drogué ces innocents chérubins qui, sonnés par le paracétamol, sont allés cuver leurs 40° de température avec une bonne sieste tout l’après-midi. Aaaaaaaaaaaaaaah. Mais aujourd’hui, c’est plus sportif : la fièvre marque un léger recul et les velléités d’évasion des prisonniers s’accentuent. Vos deux syndicalistes réclament donc de pouvoir défiler ce soir, lors du cortège déguisé, sous la pluie, armés de flambeaux. Ce qu’en infirmière-chef accomplie vous avez évidemment refusé au nom du sacro-saint thermomètre, qui s’obstine à n’afficher qu’une baisse d’un tout petit degré. Méchant thermomètre. Méchante maman. 

Certains craindraient, en dépassant la dose permise, une sanction du Père Noël ; pas les vôtres. Il y a quelques semaines, vous avez négocié de main experte la demande de chaussures à roulettes réclamées à grands cris et dont vous avez convenu, lors d’un entretien secret, personnel et exclusif avec les elfes du Père Noël, qu’elles seraient déposées dans les petits souliers à condition de se comporter convenablement. Après deux semaines de valse endiablée des polochons, batailles de poupées et autres tarzaneries heureusement sans dommages physiques, le soir après l’heure du coucher, de désobéissance civile répétée et de répliques insolentes à tout bout de champ, les forces de l’ordre ont sévi : pas de chaussures à roulettes cette année. Punition qui ne semble hélas avoir eu aucun effet sur vos schtroumpfs à ressort, qui arguent avec un certain à-propos que si certains petits camarades – que vous vous êtes une fois ou l’autre laissée allée à qualifier de « petit mal élevé » – qui accumulent les bêtises toute l’année, ont droit à des cadeaux, y’a pas de raison que le vieil homme à barbe blanche fasse l’impasse sur leurs chaussettes. Ou c’est que le système est pourri jusqu’à l’os. 

Monette résume le fond de sa pensée : « c’est quand les enfants ne croient plus au Père Noël que les parents sont obligés de faire des cadeaux pour le remplacer. Mais tant qu’on y croit, c’est lui qui les dépose au pied du sapin. Et moi j’y crois, donc, c’est pas toi (Maman, ndlr) qui décide ». 

Comme c’est pratique. Verdict dans exactement 14 jours

9 décembre, 2007

Holiday on ice

Classé dans : Paroles de schtroumpfs,Tout et rien — Pétronille @ 19:40

mim.bmpVous êtes une mutante. Surtout n’ébruitez pas la chose, fruit d’une récente prise de conscience. Vous saviez déjà avoir été dotée de dix orteils boudinés supplémentaires au lieu des doigts gracieux et agiles qui font les belles mains, mais il vous restait à découvrir que, manque de chance, vous aviez également reçu deux pieds gauches. 

Pour parvenir à cette vérité, il vous a fallu emprunter des chemins tortueux, vous conduisant bien malgré vous sur une piste de curling à l’occasion de la soirée de bureau. Déjà à l’arrivée, vous êtes perplexe et ne savez pas sur quel pied glisser. Oui, parce que dans ce sport barbare, inventé par les Ecossais – vous n’osez pas imaginer ce que ça doit donner de jouer en kilt – on porte des chaussures qu’avec un pied on glisse, un pied on glisse pas. Vous optez logiquement pour des chaussures de droitière et c’est trop tard que vous vous rendez compte que somme toute, vous auriez été plus à l’aise sur l’autre pied. Enfin, peut-être (comme de toute façon vous n’allez pas remettre ça, vous ne le saurez jamais). Une traversée de piste plus tard, vous tenez plus ou moins en équilibre et tout de madame Mim, votre balai à la main, quand on vous annonce qu’en plus, il va falloir lancer une pierre de 20 kg. Vous tentez bien d’argumenter que vous, les 20 kg, vous les portez déjà sur vous et qu’il serait injuste de vous les ajouter, c’est peine perdue. Bravement, vous tentez de suivre les instructions du moniteur. 

Relevez les fesses, qu’il vous dit, alors que vous êtes à moitié vautrée sur la glace, le balai sous un bras, prête à expédier la pierre à l’autre bout de la piste avec la rage d’une paresseuse qu’on force à faire du sport. Docile, vous obtempérez, poussez sur votre pied-qui-glisse-pas et vous affalez sur la glace avec toute la grâce d’un éléphant de mer dérapant sur la banquise. 

Une demi-douzaine de chutes plus tard, vous arrivez à lancer la pierre à peu près correctement, quand on vous indique que fini les glissades, maintenant c’est séquence nettoyage. Comprenez : le collègue lance, et vous, avec votre mignon petit balai, vous frottez telle une démente pour faire avancer la pierre plus vite. Vous risquez un coup d’œil autour de vous, histoire de copier les mouvements de ces joueurs d’âge mûr qui balaient comme si leur vie en dépendait alors que vous êtes à peu près certaine que chez eux ils ne savent même pas où est rangé l’aspirateur. Vous vous exécutez avec un enthousiasme relatif, songeant que vous pourriez exercer les mêmes mouvements chez vous avec un résultat plus efficace, et sans risque de repartir avec une bronco-pneumonie ou une jambe plâtrée. 

C’est après la huitième chute, une merveille de grand écart que vous n’aviez jamais réussi auparavant, même au cours de gym quand vous aviez six ans, que vous déposez les armes, votre main gauche contusionnée refusant de tenir quoi que ce soit.

Plus tard, de retour chez vous après un repas épique où votre voisin a dû couper votre viande pour cause de handicap profond, Darwin entr’ouvre une paupière : 

« T’as gagné, maman ? » demande votre schtroumpf tout ensommeillé. 

« Non mon chéri, maman a glissé et est tombée, alors elle n’a pas gagné, mais l’important, c’est de s’amuser, n’est-ce pas ? » 

Complètement imperméable à ce genre de chute morale en cette heure tardive, Darwin exige de connaître le nom du gagnant. 

« C’est mon collègue et son équipe », expliquez-vous. 

« Ah », rétorque Darwin satisfait avant de replonger dans le sommeil. « Je savais bien que tu ne pouvais pas gagner, alors de toute façon, j’étais pour lui. » 

De tels encouragements vous vont droit au cœur. Vous contemplez vos genoux violacés et votre index gauche qui a triplé de volume, et songez que l’année prochaine, si c’est pas soirée théâtre, tarot ou peinture sur soie, ce sera sans vous. 

6 décembre, 2007

Des spätzlis pomme-cannelle

Classé dans : Tout et rien — Pétronille @ 23:59

gewurztraminer.bmpNon, il ne s’agit pas une nouvelle recette de cuisine exotique, ni d’un mélange original pour colmater les fuites de votre lave-linge. Mais plutôt d’une expérience surréaliste vécue en compagnie de votre amie Pélagie, avec laquelle vous avez passé un week-end en Alsace pour visiter les marchés de Noël accompagnées de trois paléontologues juniors mués pour l’occasion en acheteurs compulsifs. 

Ce soir-là, vous avez bravé une pluie battante pour franchir héroïquement les 50 mètres séparant votre hôtel d’un restaurant judicieusement nommé « la grenouille ». Après avoir casé les enfants sur la banquette avec assez de papiers et de stylos pour les occuper, vous vous apprêtez à vous délasser dans une ambiance chaleureuse aux lumières douces, tout en chassant ce vilain relent d’inquiétude quant au caractère un brin trop feutré pour vos trois loustics affamés. 

Vous auriez pourtant dû vous fier à votre intuition. Plus de 45 minutes d’attente pour des steacks hâchés-frites/pâtes ont raison des bonnes résolutions de vos grenouilles à vous, rapidement métamorphosées en gremlins déchaînés. Cela commence par une visite guidée des toilettes, suivie par une exploration tactile des bibelots qui ornent le comptoir – une magnifique grenouille qui hoche la tête, par exemple – ou des fontaines murales situées derrière vous, invitant Monette à des considérations philosophiques sur les débits d’eau relatifs des deux fontaines pour le plus grand bénéfice des autres convives. La banquette offre aussi des possibilités insoupçonnées, surtout si on tient compte de la longueur de la nappe, laquelle permet une belle prise de cheville et une réédition inédite du fameux tour de passe-passe consistant à retirer la nappe sans faire bouger les objets. Exercice parfaitement réussi, à quelques légers détails près. Faisant preuve d’un sens aigu des priorités, vous réussissez de main de maître à sauver votre ballon de Gewurztraminer, de même que les verres de sirop – à 1,70 euros le verre, c’eût été dommage d’en perdre une seule goutte… 

Plus tard, quand arrive votre plat à vous, vous êtes tellement stressée que c’est à peine si vous arrivez à savoir ce que vous mangez (d’ailleurs, vous ne vous en rappelez déjà plus) , mais vous vous octroyez tout de même l’indispensable réconfort d’un dessert au chocolat (et ça, vous vous en rappelez parfaitement. Etrange, non ?) avant de pousser votre ménagerie dehors juste avant qu’elle ne démonte les tentures. 

Le soir suivant, vous optez sagement pour une pizzeria bruyante et surchauffée dans laquelle vos schtroumpfs font preuve d’une sagesse quasi-miraculeuse. Ce qui est fort dommage, conclut à regret votre amie Pélagie en lorgnant à la table voisine un groupe d’une dizaine d’individus rougeauds, imbibés de bière, hauts en voix et en couleur, car même au meilleur de leur forme, ils n’auraient jamais pu rivaliser avec ces gugusses-là. 

3 décembre, 2007

Les douze jours de Noël

Classé dans : Et en plus, elle râle — Pétronille @ 22:02

couronne.jpgVous êtes entrée de plain-pied dans la joyeuse période de l’avent, sauf que vous, ce ne sont pas des playmobil qui remplissent votre calendrier mais bel et bien des gribouillages. Déjà que votre agenda ressemblait plus à celui d’un candidat électoral en campagne qu’à celui d’un ermite tibétain, voilà que vous devez faire de la place pour les nombreuses réjouissances obligées dont on vous régale. 

Il y a d’abord la fête de l’école. Enfin les fêtes, parce qu’en adeptes aguerries de la communication relationnelle, les maîtresses, bien qu’enseignant dans le même établissement, ne lancent pas leur invitation ensemble. Non, ça ferait mauvais genre, entre années scolaires différentes on ne se fréquente pas. 

Il y a ensuite le parascolaire, qui mitonne sa fête de Noël généralement juste avant les vacances, quand tout le monde est pressé par la frénésie des derniers achats. Ainsi que le centre aéré du mercredi, qui de plus l’organise le soir, pendant les nocturnes, afin que personne ne soit privé de ce moment béni pour cause de travail (zut, encore raté). L’apéritif du judo, impossible à louper pour cause de remise de barrette voire de ceinture, la soirée du cours de hip-hop (remercions au passage l’ingéniosité de la prof qui a le bon goût de faire le spectacle annuel à Pâques), et, fin du fin, un samedi après-midi entier dévolu aux cours de natation qui mettent sur pied des démonstrations pour le téléthon.

C’est sans compter un dimanche pour le marché de Noël du village, où vous vous êtes imprudemment aventurée à tenir un stand de bricolage pour les enfants en compagnie d’une autre maman. C’est vrai quoi avec tous ces dimanches de libres, manquerait plus que vous ne sombriez dans la déprime et l’ennui, alors hop ! quoi de mieux qu’un petit stand de derrière les fagots histoire de remplir les cases vides. Et dire que vous avez de surcroît la chance inouïe d’habiter une région qui compte une fête traditionnelle déguisée en plein mois de décembre – en plus de la saint-Nicolas, bien entendu. 

Ah, vous alliez oublier la soirée de la boîte, impossible d’y déroger, même s’il faut faire garder les fauves qui vont se coucher une fois de plus à des heures indues. Et tiens, pour un peu vous auriez presque zappé la fête de Noël de la paroisse, dont le jour collusionne malencontreusement avec le marché artisanal, sauf que comme Darwin joue dans la saynète sur l’arche de Noé va falloir jouer serré question horaires. Cela vous brise le cœur, mais vous allez sans doute devoir sacrifier la paroisse sur l’autel de l’engagement associatif.

En parlant de comédie, c’est officiellement demain soir que vous ouvrez la première porte de votre calendrier personnel, avec le spectacle (nan nan, pas la fête, le spectacle est en bonus !), le spectacle donc de la classe de Darwin sur le thème du Moyen-Age. Voilà qui promet d’être animé, car si vous avez bel et bien reçu une invitation, en revanche à moins de 24 heures de la représentation Darwin ne sait plus trop s’il a bien tous les éléments de son costume (que vous avez dû fournir) ni s’il doit se rendre à l’avance à l’école afin de se préparer. 

Vous n’avez pas encore commencé que vous êtes déjà sur les genoux. Moi je dis : pas étonnant qu’il faille ensuite une année pour s’en remettre

 

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