Clafoutis

la vie pimentée de Pétronille

20 septembre, 2009

Français rénové

Enregistré dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 18:39

ballonfoot.gifDarwin grandit, et pré-adolescence oblige, s'en voudrait de jouer encore à des jeux “de bébé”. Avec les copains, à la récré, il fait des trucs de grand, des activités de mec, viriles et tout, telles que jouer au foot. En ce début d'année scolaire toutefois, une nouvelle activité semble d'emblée s'être imposée. C'est ainsi qu'un soir, en préparant le dîner, vous demandez innocemment à Darwin s'il s'est bien amusé à l'école et obtenez cette surprenante réponse :

 -  “Ouais, c'était cool. Avec les copains, on a fait une tournante.”

Vous manquez vous sectionner la main avec votre couteau de cuisine et commencez à avoir un peu chaud. Une fois votre respiration revenue et le danger de crise cardiaque écarté, vous tentez d'approfondir en conservant votre calme:

- “Et ça se joue comment, ce jeu, mon grand ?”

Darwin hausse les épaules et vous lance un regard de commisération pour votre ignorance crasse  :

 - “Ben, avec un ballon.”

Ah tiens ? Voilà une version intéressante. L'imagination de ces chérubins ne connaît pas de limites. Vous décidez de creuser encore un peu plus la question (vous avez manqué une belle vocation de spéléologue), et apprenez enfin qu'il s'agit d'une activité se pratiquant à plusieurs, et consistant à courir en tournant autour de la table de ping-pong du préau, tout en se lançant un ballon qui doit rebondir un certain nombre de fois sur la table avant d'être attrappé (je vous épargne les détails dont tout un set de règles plus compliquées que celles du cricket anglais).

En voilà une autre que le Petit Larousse (ou le Robert, d'ailleurs) ne connaît pas. Et en plus, ce coup-ci, vous avez échappé à une explication qui promettait d'être des plus scabreuses.



31 mai, 2009

Petite musique céleste

Enregistré dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 9:02

notedemusique.jpgVous inscrivez Monette au cours de solfège. Le préposé aux inscriptions vous met tout de suite le nez dans l’anticipation, puisque plus d’une année à l’avance il vous suggère de choisir déjà l’instrument souhaité, en raison de longues, très longues listes d’attente (enfin, cela dépend. Pour une raison étrange, il semble plus accessible de faire vielle ou accordéon que piano ou batterie).

Bien que vous n’ayez pas encore vraiment abordé le sujet, Monette n’est pas prise de court.

« Je veux faire du violon », déclare-t-elle fermement.

Chouette. Vous envisagez de demander illico la liste des magasins qui vendent de bonnes sourdines.

Puis, se ravisant : « ou peut-être, je ferai de la flûte à travers ciel ».

Il vous reste douze mois pour dénicher un cours. Au moins celui-là, vous êtes sûre qu’il n’est pas plein.

24 mai, 2009

L’art du dialogue

Enregistré dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 19:44

dialogodebate.jpg« Dis une couleur entre blanc et noir. »

« Gris », répond Darwin.

« Nooon », soupire Monette. « Entre blanc et noir, dis ce que tu veux ».

« Ben gris », s’entête Darwin, « parce que c’est justement entre blanc et noir ».

« Mais non », s’énerve Monette, « tu dis blanc, ou tu dis noir, parce que noir, c’est noir. »

(de guerre lasse) « Bon, alors blanc. »

(mutine) « Non, dis plutôt noir. »

Darwin, exaspéré : « Ok, alors noir ».

« Raté », pépie Monette, « c’était blanc. »

Après, on se demande pourquoi la communication entre hommes et femmes… enfin non, rien.

21 mai, 2009

Coup double

Enregistré dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 21:18

tictactoe.gif« Maman, tu sais, pour ton anniversaire, demain… »

« Hmmmm ? »

«  Je vais t’offrir quelque chose de très spécial. »

« Ah ? »

« Oui. Je te permets de ne pas aller au travail, moi je manque l’école et je t’invite pour une chouette journée tous les deux ».

Darwin ou l’art de retourner les situations.



16 avril, 2009

Vision d’avenir

Enregistré dans : Paroles de schtroumpfs — Pétronille @ 19:53

queuingup.jpgIl est minuit, le sommeil vous gagne. Vous vous arrachez péniblement au canapé, vous traînez dans la douche puis rampez jusqu’à votre lit. Aaaah. Vous êtes prête à plonger pieds joints dans un sommeil béat lorsque vous sentez deux petits pieds froids contre votre jambe. C’est Monette qui, trouvant le temps long, a déménagé avec son duvet, son nounours, ses livres et ses poupées. Tout ce petit monde est donc confortablement installé dans VOTRE lit. 

Vous rassemblez encore quelque énergie afin de protester contre cette invasion barbare et obtenez de haute lutte que les poupées dorment par terre – tortionnaire que vous êtes. Vous pensez avoir enfin mérité un dodo réparateur, en souhaitez autant à votre puce et vous tournez sur le côté. Hélas, vous n’êtes pas au bout de vos peines, car une petite voix flûtée perce l’obscurité :

« Tu sais, maman, j’ai beaucoup réfléchi ».

« C’est bien », marmonnez-vous pour la forme avant de plonger la tête sous l’oreiller.

« Quand je me marierai, moi, je ne choisirai pas n’importe qui ».

Vous résistez à l’envie de commenter le sous-entendu. D’ailleurs, point besoin de répondant, votre chipie est lancée.

« Non, moi, je prendrai mes maris (vous notez le pluriel au passage), à l’essai. D’abord. Je veux voir s’ils sont gentils avant de les épouser. Par exemple, ils doivent m’aider à faire la cuisine, la vaisselle, les courses, la lessive et le ménage. Et me laisser tranquille quand je lis, quand je prends mon café, mon bain, ou quand je regarde le journal télévisé. »

Pause. « Et s’ils ne font pas tout ça, je leur dirai : hors de ma maison ! Et j’essaierai avec le suivant ».

Encouragez-vous : il vous reste à peine quelques années de sommeil tranquille avant de voir poindre cette longue file de soupirants.

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